L'exploitation agricole des Etablissements de la Plaine de l'Orbe
Cet établissement se range parmi les plus
importants dans le canton de Vaud. Lors de notre visite, nous avons été accueillis et
accompagnés par le Directeur du secteur agricole et le Responsable des bovins. Ils ont
répondu à nos questions avec une grande amabilité. Nous tenons à leur exprimer notre
gratitude!
Les bâtiments abritant les bovins - en tout 363 têtes de bétail - ont été construits
entre 1902 et 1949. Les vaches laitières et les genisses, de la race Simmental, passent
l'été en alpage. Rentrée "à la maison", elles sortent, si le temps le
permet, chaque jour et ceci jusqu'en novembre. Les genisses vivent en stabulation libre.
Les laitières, dans une grande étable, disposent chacune de suffisamment de place sur un
généreux lit de paille; elles ne sont pas obligées de se soumettre à un
"dresse-vache" ! Le responsable connaître l'histoire de chaque animal et se
souvient des noms de leurs veaux. Il prend visiblement plaisir à ce que ses vaches ne
soient pas que des unités de production.
Les veaux sont tenus en groupe et sortent à partir de l'âge de 4 mois.
Les deux magnifiques taureaux par contre doivent passer leur vie attachés dans leurs
boxes respectifs et ne peuvent sortir que "le temps d'honorer une dame". Nous
espérons qu'une solution puisse être trouvée aussi vite que possible afin que ces beaux
animaux puissent également profiter des parcs autour du domaine !
Le fourrage, à l'exception du soja, est produit au domaine. Les bovins n'ont jamais été
nourris avec de la farine carnée. Ils sont abattus au domaine, ou rarement dans une
boucherie des environs.
La porcherie construite en 1952, où vivent en tout 287 porcs, sera partiellement assainie
et transformée en élevage de plein air, bien que tous les procs à l'engraissement ainsi
que les truies en gestation sortent déjà en groupes, tous les 3 à 4 jours. Aucune truie
ayant mis bas n'est attachée; elle et les procelets peuvent se mouvoir librement. Une
simple installation, des barres de métal fixées à environ 40 cm du mur et du sol du
boxe, protègent les procelets contre un éventuel écrasement. Tous les porcs ont à leur
disposition de la paille. Nous n'avons pas remarqué d'activités de compensation; le
comportement des animaux témoigne d'un relatif bien-être.
Ils sont nourris principalement avec les restes des cuisines de l'établissement. Les
céréales sont produites sur place, des farines carnées ne sont pas utilisées. Les
bêtes sont abattues et consommées au domaine.
Le parc avicole compte 375 pondeuses et 1800 poules à l'engraissement. A notre arrivée,
nous avons rencontré les premières, se promenant librement dans les prés des
poulaillers. Par contre, l'élevage des poules à engraisser - que nous n'avons pas
visité - est jugé insatisfaisant par le responsable et sera par conséquent abandonné.
28 poulains vivent également sur le domaine. Ils sont dorlotés et visiblement adorés
par leur responsable.
7 surveillants travaillant avec 12 personnes de l'établissement pénitencier s'occupent
du bétail. Le problème du recrutement de la main d'oeuvre ne se pose donc pas sur le
plan quantitatif mais plutôt sur celui de l'apptitude.
Cette exploitation agricole se distingue de bien d'autres établissements étatiques.
Malgré les difficultés découlant de la situation peu ordinaire de l'entreprise, les
responsables font de gros efforts pour offrir à leurs animaux des conditions de vie aussi
bonnes que possible, sans pour autant négliger le côté économique.
Nous ne pouvons que conseiller aux directeurs d'écoles et d'instituts agricoles de
prendre exemple.