AN 1997

Un véritable scandale:

La procherie misérable de l'Institut agricole du Canton du Jura à Courtételle

Par Susanne Wachtl, ACUSA

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Les porcs sont tenus sur un sol de béton. Ils passent toute leur vie dans un monotonie extrême, sans la moindre possibilité de s'occuper avec de la paille ou d'autres matériaux appropriés que l'Ordonnance sur la Protection des Animaux prescrit.

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Des truies, ayant mis bas, sont détenues dans des stalles et attachées par des ceintures fixées au sol; elle ne peuvent se tourner vers leurs petits, tout contact avec eux leur est impossible. Quelques brins de paille tiennent lieu de litière pour les porcelets.

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Le 7 août 1996, nous avons déposé plainte auprès du Procureur du Canton du Jura insistant sur le fait que, s'agissant d'une école où des jeunes paysannes et paysans sont formés, il est d'autant plus choquant de constater que les lois et ordonnances en vigueur ne sont pas interprétées le plus généreusement possible en faveur des animaux, mais qu'elles sont carrément violées !

Sur demande du Procureur, le vétérinaire cantonal a effectué une visite de contrôle le 26 août et a trouvé "tout propre et en ordre"!
Citations du rapport : "leur aire de repos est agrémentée de paille".

Si la truie a la possibilité de le faire, elle s'isole du groupe et, si elle a de la paille ou d'autres matériaux similaires à sa disposition, elle construit un grand nid pour y mettre bas et où les nouveau-nés, serrés contre la mère, passent leurs premiers jours. Très vite, une hiérarchie s'installe. Au grand jamais ils ne déposeraient leurs excréments dans le nid !

Attachée au sol de béton au moyen d'une sangle, la pauvre bête est obligée d'accoucher de ses petits et de les allaiter, couchée dans ses excréments.

Le vétérinaire cantonal : "les porcelets ne portent pas de traces d'excréments, mais de terres". "Ils s'amusent avec des rondelles de bois". Lors de nos passages, nous n'avons aperçu ni rondelles de bois, ni traces de terre !

Le vétérinaire cantonal : "le porc moyen ne s'ennuie pas au point de ronger un barreau, il entend le porcher préparer sa nourriture : par pur réflexe, l'eau lui monte à la bouche".

Les cochons, animaux intelligents et sensibles, obligés de végéter dans des conditions où tous les besoins spécifiques à leur espèce sont bafoués, peuvent se livrer, par désespoir, à des activités de substitution. "Ronger les barreaux" en est une, maintes fois documentée par l'observation dans toutes les usines d'animaux. Des recherches ont démontré qu'en agissant ainsi, les porcs peuvent produire des endorphines; "auto-anesthésiés", ils luttent pour supporter un environnement hostile.

Monsieur le vétérinaire serait bien inspiré de relire sa littérature spécialisée ! Il serait aussi pertinent de poser des questions concernant la motivation lors du choix de sa profession. Est-il l'allié des animaux ou simplement un maillon dans la chaîne des exploitants d'animaux sans scrupules ?

Le Substitut du Procureur général, se fondant sur le rapport du vétérinaire cantonal, a ordonné le classement de l'affaire. Nous avons fait recours contre cette décision. Le 17 septembre, nous avons été informés que la Chambre d'accusation n'entrait pas en matière sur le recours, faute de légitimation de la recourante ! Nous avons des lois et des ordonnances pour la protection des animaux, des lois leur concédant un minimum de droit de vivre dans des conditions décentes. Une fois de plus, ces lois sont restées lettre morte grâce à un puissant lobby agro-technocrate soutenu par un administration locale complaisante!


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