AN 1997

FOURRURE rime toujours avec TORTURE


pelzmantel.JPG (51195 Byte)

Comment Madame désire-t-elle sa fourrure? Gazée, abattue, étranglée, noyée, empoisonnée, exécutée à l’électricité, morte d’hémorragie dans des pièges, morte de froid, mutilée, morte de faim?

 

Il n'existe pas de fourrue obtenue sans cruauté : pas de pièges soi-disant "humains", ni d'élevages respectueux des besoins de l'animal. Les uns comme les autres sont d'ailleurs interdits en Suisse. Pas d'éleveurs donc, ni de trappeurs chez nous, mais des fourreurs - car l'importation des dépouilles des animaux déjà morts, lavées de leur sang, est autorisée ! Approximativement 90% des fourrures vendues en Suisse proviennent d'élevages, 10% environ d'animaux sauvages trappés.

Fourrure d'élevages

fuchs.JPG (29701 Byte)     nerz.JPG (51352 Byte)

Des millons d'animaux (35 millons, chiffre variable selon les années) sont élevés, principalement en Scandinavie et aux USA, dans des conditions ne répondant pas aux lois sur la protection des animaux en vigueur dans les différents pays (Suède, Suisse ...).

Cages exiguës ne répondant aucunement aux besoins primordiaux des animaux.

Alors que la loi suisse exige, pour l'élevage de renards par exemple, des enclos extérieurs de 40 m2 par couple, "offrant une possibilité de creuse", les fermes scandinaves confinent les animaux dans des cages en grillage métalique, d'une superficie d'un demi-mètre carré, dotées d'un sol en grillage lui aussi.

Les conditions ne sont guère meilleures pour les visons : ces animaux vivant principalement au bord de l'eau lorsqu'ils sont en liberté (la grande majorité de leurs activités sont liées à l'eau), sont confinés dans des cages minuscules, en grillage métalique, d'environ 30 x 60 cm, selon les pays, sans avoir accès à une pièce d'eau.

Les sols des cages en fil de fer brut entaillent la plante des pattes jusqu'à l'infection. Constamment exposés au froid et au vent, en hiver, sans pouvoir, comme ils le feraient dans leur environnement naturel, se réfugier dans la tanière où la température est stable, ils souffrent de douloureuses infections des reins et de la vessie. (Contrairement à ce que prétendent souvent les fourreurs, les cages, notamment en Norvège, ne disposent pas de "nichoirs" ou aires de repos avec paille hors de la saison de reproduction).

L'insémination artificielle cause de nombreux cas d'infection utérine chez les femelles du renard. Dans certains élevages de Finlande (qui élèvent 60% du total des renards tués pour le commerce de la fourrure), la mortalité des femelles inséminées a atteint les 30-50% en 1991 (Turkistalous 1, 1992 - périodique de l'association finlandaise des éleveurs d'animaux à fourrue).

Des déformations physiques (membres déformés, animaux aveugles) sont les résultats de sélections génétiques effectuées dans le but d'atteindre des couleurs "à la mode".

Les stéréotypies déployées par les animaux des heures durant - tourner en rond, sauter incessamment, mordre les grillages - sont des marques évidentes de malaises et de frustrations profondes. Le comportement de stéréotypie est accompagnée d'un agrandissement des glandes sécrétant l'adrénaline (Masson, 1994), ce qui est un indice certain de stress chronique.

Les automutilations, présentes chez 10-30% des animaux, sont également un indicateur de stress aigu.

La qualité de la peau n'est pas nécessairement la preuve du bien-être de l'animal. Les animaux sont écorchés au début de l'hiver, juste au moment où la fourrure d'hiver a poussé, c'est-à-dire avant que les conséquences de maladie ou de stress n'aient eu le temps de se manifester.

"La conclusion ne peut être qu'une seule : renards et visons ne sont pas adaptés pour être mis en cages, ni même pour supporter d'autres formes de captivité. La souffrance des ces animaux dépasse le but pour lequel ils sont enfermés; à plus forte raison puisqu'il existe d'excellentes alternatives à l'usage de la fourrure".

(Prof. Dr. f.J. Grommers, Fac. de Science Vétérinaire, Univ. d'Utrecht).

Environnement

Comme tous les élevages concentrationnaires d'animaux, les élevages intensifs pour la fabrication de la fourrure, posent de graves problèmes de pollution, notamment de pollution de cours d'eau, nappe phréatique.

Les visons élevés en Europe appartiennent tous à l'espèce "mustela vison" (vison américain) qui, comme son nom le suggère, ne vit en liberté que sur le continent américain. Plus agréssifs que leurs cousins européens (mustela lutreola), les individus échappés des élevages (en Russie ils ont été relâchés délibérément), représentent une dangereuse concurrence pour ceux-ci, ainsi que pour d'autres espèces sauvages, notamment les populations de loutres en diminution.

Les pièges

Ils sont quelques 4 millons aux USA, 1 millon au Canada et 4 millons en Russie, les animaux sauvages - renards, loups, coyotes, ragondins, lynx, rats musqués, loutres, opossums, visons, écureuils - pris chaque année dans les pièges des trappeurs, souffrent d'une mort lente et atroce. Sans compter les animaux non-ciblés, considérés comme "trash" (déchets), tels que chats, chiens, oiseaux, etc.

Selon certaines études, leur nombre atteint le double de celui des animaux dits ciblés.

Trois types de pièges sont principalement employés pour capturer des animaux à fourrure : les pièges à mâchoires, les pièges "Conibear", censés tuer instantanément, et les pièges à collet.

Introduit par l'homme blanc au XVIIe siècle, le piège à mâchoires est encore aujourd'hui le préféré des trappeurs qui en apprécient surtout l'application et le transport faciles, ainsi que le bas prix. 13 et 15 principales espèces capturées le plus fréquemment sont prises dans des pièges à mâchoires (renards, loups, coyotes, belettes ...).

Les défenseurs des trappeurs vantent aujourd'hui les "padded traps", pièges à mâchoires rembourrés, appelés aussi "soft-catch traps". Les mâchoires de ces pièges sont recouvertes de matière plastique ou de caoutchouc, ce qui ne les rend ni plus sélectifs, ni plus humains. En effet, la puissance du ressort qui resserre les mâchoires reste la même et provoque des blessures similaires : fractures des os, hémorragies, sectionnements des tendons et ligaments, dislocations des articulations, torsions, sans parler des facteurs tels que la douleur extrême, la faim, la soif, l'angoisse, qui restent les mêmes.

Les pièges "Conibear", appelés d'après l'inventeur du prototype de ces trappes, Frank Conibear, seraient censés tuer instantanément. Ils sont rares, leur inefficacité étant largement reconnue. (Brochure des "Fur Takers of America", Murray, Kentucky). Ils ne tuent pas instantanément, car trop de facteurs interviennent : le temps, le terrain, la taille de l'animal, l'angle sous lequel il se présente, etc.

Les pièges à collet sont composés d'un fil de fer disposé en cercle qui est supposé prendre l'animal par le cou ou par un membre et à se resserrer dès que celui-ci se débat et essaie de s'échapper, en le retenant prisonnier. Même s'il est pris par le cou, l'animal arrête généralement de se débattre lorsqu'il se sent étranglé. Il n'est donc jamais tué sur le coup.

"C'est cruel, c'est horrible. Si les personnes aimant la fourrure voyaient leur chien dans un piège comme ça, elles ne porteraient jamais plus de fourrure !"

Raven (Corbeau) Wilson, indigène canadien, ancien trappeur (1993).

Le commerce de la fourrure profite-t-il réellement aux peuples indigènes ?

La sympathie que nous autres, Européens, éprouvons à l'égard des peuples autochtones est froidement exploitée par ceux qui visent à préserver les millions de dollars que représente l'industrie de la fourrure.

Les Canadiens ont joué la carte ethnique pour combattre le règlement européen qui devait interdire à partir du 1er janvier 1996, l'importation de peaux en provenance de pays où sont encore autorisés des pièges ne répondant pas aux critères dits "humains". Les déclarations selon lesquelles le piégeage d'animaux à fourrure pour le marché européen serait une importante source de revenu pour les indigènes, non seulement indisent en erreur, mais ne sauraient justifier la continuation de l'usage de pièges barbares pour capturer des animaux.

La chasse, telle que la pratiquaient et la pratiquent encore, en moindre mesure, les autochtones, n'a rien à voir avec le piégeage d'animaux à fourrure tel qu'il est affectué aujourd'hui. Citons Paul Hollingsworth, un membre du peuple Algonquin : "tuer les animaux pour la mode est contraire à notre tradition .... La société traditionnelle indigène vivait de concert avec les animaux puisque nous nous considérons égaux aux autres êtres de la nature. Avant le contact avec l'homme blanc, nous n'aurions jamais ôté la vie à une autre créature pour toute raison que n'a pas trait à notre propre survie. Le commerce de la fourrure a changé notre relation avec les animaux".

Quelques chiffres

La plus grande concentration de faune se trouve dans les régions tempérées, là où la végétation est encore dense, c'est-à-dire aux USA et dans le sud du Canada. Or la grande majorité, environ 90%, des autochtones vivent dans le nord de ce apys, au-delà du 60ème parallèle. Dans les provinces méridionales du Canada, des trappeurs principalement non-indigènes opèrent sur les lignes de trappes commerciales, des territoires qui peuvent atteindre jusqu'à 200 km en longueur et en largeur, où seul le trappeur attitré est autorisé à poser ses pièges. Ces "trap lines" se vendent à des prix pouvant aller de 10'000.- à 30'000.- dollars. Il va sans dire que leur prix est bien au-dessus des moyens de la plupart des autochtones et que leurs emplacements se trouvent loin des régions principalement habitées par des indigènes.

Les trappeurs ne possédant pas de "trap lines" sont pour la plupart des amamteurs pour qui le piégeage représente un passe-temps soi-disant sportif. Il s'agit souvent même d'enfants. Au Canada on peut en effet obtenir une licence à partir de l'âge de 10 ans.

Au nord du 60ème parallèle, le climat est beaucoup plus rude et les animaux sont moins nombreux. En fait, seulement le 4% environ des animaux à fourrure piégés au Canada le sont par des aborigènes.

Quelques derniers chiffres : en 1990 - et la situation n'a guère changé depuis lors - la valeur des peaux ne représentait que le 2,9% des recettes de l'industrie de la fourrure. Les gros profits vont donc, de toute façon, dans d'autres bourses. En effet, le revenu brut moyen qu'un trappeur tire du piégeage se chiffre actuellement à environ 460.- dollars par année. Notons que l'on ne trouve pratiquement pas d'indigènes employés dans le secteur de la manufacture de la fourrure.

En conclusion, la situation difficile des peuples autochtones n'est pas liée à l'industrie de la fourrure. Les conditions de vie des indigènes n'étaient d'ailleurs guère meilleures pendant le boum que connut cette branche pendant les années '80. La stratégie de se servir des indigènes à des fins publicitaires n'est pas surgie du hasard, mais bien sur recommandation d'une renommée société de relations publiques ... !

 

pelz-stand.JPG (59698 Byte)

Stand d’information d'ACUSA: En décembre dernier, nous avons présenté une vidéo montrant les animaux agonisant dans les cages des élevages d’animaux à fourrure ou mourant dans des pièges. Des images insoutenables ! Les démonstrations du fonctionnement des trappes – nous avons montré un modèle soi-disant “humain” parce que rembourré de mousse – ont prouvé aux spectateurs l’hypocrisie de cette dénomination; l’animal meurt d’une façon horrible aussi bien dans l’un que dans l’autre des modèles.


homepage ACUSA