AN 1998-1
Protection des animaux: théorie et réalité
Loi fédérale sur la protection des animaux du 9 mars 1978 :
Article 2 : 1. Les animaux doivent être traités de la manière qui tient le mieux
compte de leurs besoins.
Ordonnance sur la protection des animaux du 27 mai 1981 :
Article 1er : Les animaux doivent être défendus de telle façon que leurs fonctions
corporelles et leur comportement ne soient pas gênés et que leur faculté d'adaptation
ne soit pas mise à l'épreuve de manière excessive.
Pour les cochons, cela signifie qu'ils doivent
- avoir la possibilité de vivre en groupe
- disposer d'une place bien sèche pour dormir, et d'une autre pour déféquer aussi loin
que possible de la première.
- pouvoir passer des heures à labourer le sol en quête de nourriture.
- pouvoir se rafraîchir dans des bains de boue.

Avant de mettre bas, les truies construisent un grand nid ; il faut donc mettre à
leur disposition le matériel nécessaire, soit de la paille, de l'herbe, des branches,
etc. Les petits sont allaités dans ce nid, y dorment et ne le salissent jamais.
Les jeunes mâles vivent en groupe, les vieux en solitaire. Après une vie très active,
ils meurent à l'age de 15 ans environ.
Mais la triste réalité est tout autre!
Les petits naissent la plupart du temps sur un sol dur, la litière de paille prescrite
par l'Ordonnance n'étant que rarement, ou très parcimonieusement fournie. Dans la
première semaine de leur vie, on raccourcit leur queue, cisaille les dents. Les petits
mâles sont castrés. Le tout sans anesthésie.
S'ensuit l'engraissement, soit dans des boxes au sol de béton ou caillebotis, sans
litière. Les jeunes animaux, enjoués, intelligents, sensibles et actifs sont contraints
de végéter dans un milieu d'une monotonie extrême. La possibilité de s'occuper au
moins avec quelques objets appropriés, comme l'ordonnance le prévoit, leur est refusée
dans la presque totalité des exploitations, à moins d'une chaîne suspendue ou une
rondelle de bois ne fasse figure d'alibi!
Les femelles destinées à l'élevage sont contraintes à concevoir, porter, mettre bas et
allaiter des petits jusqu'à l'épuisement. Si dans quelques exploitations elles ont la
possibilité de vivre en groupe le temps de la gestation, voire dans de rares cas même
dans un enclos avec sortie à l'extérieur, la majeure partie de ces malheureuses
créatures passent leur triste vie dans des stalles individuelles. Pour donner naissance
aux petits, elles sont attachées au moyen de sangles ; ainsi immobilisées, elles mettent
bas, allaitent, dorment dans leurs excréments. Tous ceux qui travaillent dans ce milieu
connaissent ces méthodes mais apparemment pas les textes des lois. Ils sont sans doute de
l'avis que ces obligations ne fournissent qu'un prétexte aux protecteurs des animaux et
à quelques consommateurs désireux de manger de la viande d'animaux décemment traités.
Un représentant des paysans a récemment déclaré que "l'application des mesures
concernant la protection des animaux ne peut se faire que d'entente avec les agriculteurs
et non pas par voie d'ordonnance". Déclaration surprenante, surtout si l'on prend en
considération que ces mêmes lois ont été approuvées par la grande majorité du peuple
suisse !
La transformation intentionnelle d'une telle vie en une masse de souffrance et de
désespoir muet est un crime ; qu'est-ce, sinon celà?
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