AN 1998-1

"Donner du temps au temps"


(SW) Le 22 octobre, dans une étable "5 étoiles" à Ecublens/FR, les V.I.P. de l'Union des paysans fribourgeois se sont donnés rendez-vous pour se pencher sur le sort des animaux dans le pays de Fribourg. Les articles de presse consacrés à l'événement sont certes fort intéressants mais ne satisfont pas entièrement notre curiosité.

D'après les statistiques, pour l'espèce porcine les proportions sont identiques à celles concernant les bovins, soit 56% des exploitations sont en ordre. Et les autres 44%, plus un cas grave ? Donc, 418 exploitations, plus un cas grave, ne sont pas en ordre ? Donc 419 moutons noirs ?

A partir de quel moment un cas est-il jugé grave ?

Combien de temps le vétérinaire cantonal veut-il encore donner au temps ? Les fameux "amuse-cochons" devraient amuser les cochons depuis 1981 ! Mais l'article de l'Ordonnance qui stipule que "les porcs doivent pouvoir s'occuper assez longtemps avec de la paille, du fourrage grossier ou d'autres objets appropriés" est aussi bien ignoré que l'art.23, al.2 qui précise que "quelques jours avant la mise bas et durant les deux semaines qui suivent, on mettra de la litière dans le box (de mise bas)". Comment l'article 2 de la Loi sur la protection des animaux dont la teneur est la suivante : "Les animaux doivent être traités de la manière qui tient le mieux compte de leurs besoins" est-il interprété ? De quels besoins de ses animaux l'agriculteur tient-il compte en attachant ceux-ci dans des stalles, les condamnant ainsi à la quasi immobilité, les obligeant à se coucher dans leurs excréments, les enfermant à vie dans des enclos sans aucune occupation ?

Sachant que les exploitations telles que celles dénoncées par L'ACUSA bénéficient encore de la bienveillance des autorités, est-ce autre chose de logique que de vouloir "convertir tout le pays au végétarisme ?" Il n'y a pas que les membres de "certaines associations drapées dans la toge des défenseurs intégristes des animaux" qui perdent à jamais l'envie de manger de la viande d'animaux abusés !

"Il n'y a pas d'exploitations agricoles industrielles en Suisse, les fermes sont familiales". Peut-on qualifier un bâtiment moderne - au sujet duquel le propriétaire déclare fièrement de n'avoir besoin que d'une seule personne, capable de programmer l'ordinateur pour s'occuper de mille cochons - de "ferme familiale", de "ferme familiale" aussi la construction métallique ressemblant à un hangar industriel, le sinistre vieux bâtiment bas allongé, avec plusieurs conduites d'aération sur le toit, à la lisière d'une forêt ?

Décidément, les intégristes et les participants à cette réunion ne parlent pas de la même chose. Les premiers se soucient du bien-être des animaux, les autres de celui des propriétaires..


Fermes "familiales" en Suisse romande :

 
ferme-1.jpg (24107 Byte)  ferme-2.jpg (17492 Byte)

ferme-3.jpg (31393 Byte)  ferme-4.jpg (21872 Byte)


homepage ACUSA