AN 1998-1

Espace Européen = misères pour les animaux

(SW) "Le Conseil Fédéral vient d'adapter nos Ordonnances sur la protection des animaux aux exigences du "droit européen". "La Suisse atteint ainsi un niveau international", déclarait le Dr Ulrich Kihm, directeur de l'Office vétérinaire fédéral.

A quels droits et niveaux fait-il allusion ?

Au droit des engraisseurs et éleveurs d'exploiter les animaux jusqu'à leur dernier cri ?

Au droit de transbahuter des veaux mâles, âgés de 6 à 10 jours, à travers toute l'Europe pour les tuer et détruire là où on massacre au prix le plus bas ?

Au droit de charrier les animaux de boucherie par camion, train, bateau pendant une durée pouvant atteindre 28 heures, pour les égorger en fin de compte dans un abattoir du Moyen-Orient ?

Le droit européen prévoit-il - et si oui, quand - d'interdire les corridas, les massacres des dauphins, le gavage des oies et canards, les courses de chevaux sucidaires, les captures d'oiseaux chanteurs, les combats de coqs, les élevages d'animaux à fourrure ?

Le Parlement suédois a récemment annulé l'interdiction des batteries pour les poules pondeuses, économiquement pas rentables ; il s'est donc adapté aux droits et niveaux européens !

Le VgT Autriche nous fait parvenir régulièrement des rapports de son action contre les effets désastreux des subventions d'exportation de l'UE sur les animaux. Le 2 août dernier, nous avons participé à un blocage d'autoroute prés de Salzbourg. Malgré la loi autrichienne qui stipule que "...les animaux de boucherie doivent être transportés seulement vers l'abattoir intérieur le plus proche, durée maximale 6 heures ou 260 km", les Autrichiens subissent les conséquences des décisions prises à Bruxelles. Des milliers de bovins sont transportés à travers leur pays vers les ports adriatiques pour arriver finalement à bord de bateaux surchargés, dans des conditions indescriptibles, dans les pays d'Afrique du Nord. Ils arrivent malades, extrêmement affaiblis, beaucoup en meurent - des déchets calculés -, les autres attendent le couteau de l'égorgeur. Pour chaque animal exporté, l'UE paie une prime. Voulons-nous atteindre ce niveau ?

"La prime Hérode" - d'après le roi qui ordonna l'assassinat de tous les nourrissons mâles -, une perversion du système des subventions, est un autre paramètre des exigences du droit européen en matière de protection des animaux !

De petits veaux mâles âgés de 2 à 3 semaines sont traînés à travers l'Europe dans d'énormes camions de 2 à 3 étages, pour être mis à mort à l'endroit et de la façon la moins onéreuse possible, pour retourner sous forme de farine animale dans leurs pays d'origine ! Cela s'appelle "adaptation du marché de la viande de veau". Il convient de dire que ces veaux ne sont pas "nés pour rien", comme l'a dit un représentant des Évêques allemands. Pour que les vaches continuent à produire inlassablement du lait, elles doivent donner chaque année naissance à un veau ! Pendant des décennies, les éleveurs européens ont produit des montagnes de viande, de fromage et de beurre, touchant des subventions par milliards. Et c'est avec de nouvelles subventions massives que cette politique erronée est corrigée, de petits êtres à peine nés doivent "alléger la production de viande". Pour un veau engraissé et abattu, la commission de l'UE paie une prime, alors que pour un veau transporté, tué et détruit à l'étranger, le montant est plus que le double ! Les grands profiteurs de ce commerce ignoble sont les marchands de bétail, les transporteurs et les abattoirs. Évidemment, tout ce beau monde se moque éperdument des souffrances des animaux impliqués !

Madame et Messieurs les Conseillers fédéraux, nous avons nullement envie "d'atteindre ce niveau international" ! Tous les grands distributeurs en Suisse ont des produits laitiers étrangers dans leur assortiment ; nous participons donc aussi, indirectement, à ce massacre ignoble.

Chère Lectrice, confieriez-vous votre propre enfant à un homme qui organise, approuve et exécute un pareil massacre de bébés animaux ?

UE non ! 


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