Espace Européen = misères pour les animaux
(SW) "Le Conseil Fédéral vient d'adapter nos Ordonnances sur
la protection des animaux aux exigences du "droit européen". "La Suisse
atteint ainsi un niveau international", déclarait le Dr Ulrich Kihm, directeur de
l'Office vétérinaire fédéral.
A quels droits et niveaux fait-il allusion ?
Au droit des engraisseurs et éleveurs d'exploiter les animaux jusqu'à leur dernier cri ?
Au droit de transbahuter des veaux mâles, âgés de 6 à 10 jours, à travers toute
l'Europe pour les tuer et détruire là où on massacre au prix le plus bas ?
Au droit de charrier les animaux de boucherie par camion, train, bateau pendant une durée
pouvant atteindre 28 heures, pour les égorger en fin de compte dans un abattoir du
Moyen-Orient ?
Le droit européen prévoit-il - et si oui, quand - d'interdire les corridas, les
massacres des dauphins, le gavage des oies et canards, les courses de chevaux sucidaires,
les captures d'oiseaux chanteurs, les combats de coqs, les élevages d'animaux à fourrure
?
Le Parlement suédois a récemment annulé l'interdiction des batteries pour les poules
pondeuses, économiquement pas rentables ; il s'est donc adapté aux droits et niveaux
européens !
Le VgT Autriche nous fait parvenir régulièrement des rapports de son action contre les
effets désastreux des subventions d'exportation de l'UE sur les animaux. Le 2 août
dernier, nous avons participé à un blocage d'autoroute prés de Salzbourg. Malgré la
loi autrichienne qui stipule que "...les animaux de boucherie doivent être
transportés seulement vers l'abattoir intérieur le plus proche, durée maximale 6 heures
ou 260 km", les Autrichiens subissent les conséquences des décisions prises à
Bruxelles. Des milliers de bovins sont transportés à travers leur pays vers les ports
adriatiques pour arriver finalement à bord de bateaux surchargés, dans des conditions
indescriptibles, dans les pays d'Afrique du Nord. Ils arrivent malades, extrêmement
affaiblis, beaucoup en meurent - des déchets calculés -, les autres attendent le couteau
de l'égorgeur. Pour chaque animal exporté, l'UE paie une prime. Voulons-nous atteindre
ce niveau ?
"La prime Hérode" - d'après le roi qui ordonna l'assassinat de tous les
nourrissons mâles -, une perversion du système des subventions, est un autre paramètre
des exigences du droit européen en matière de protection des animaux !
De petits veaux mâles âgés de 2 à 3 semaines sont traînés à travers l'Europe dans
d'énormes camions de 2 à 3 étages, pour être mis à mort à l'endroit et de la façon
la moins onéreuse possible, pour retourner sous forme de farine animale dans leurs pays
d'origine ! Cela s'appelle "adaptation du marché de la viande de veau". Il
convient de dire que ces veaux ne sont pas "nés pour rien", comme l'a dit un
représentant des Évêques allemands. Pour que les vaches continuent à produire
inlassablement du lait, elles doivent donner chaque année naissance à un veau ! Pendant
des décennies, les éleveurs européens ont produit des montagnes de viande, de fromage
et de beurre, touchant des subventions par milliards. Et c'est avec de nouvelles
subventions massives que cette politique erronée est corrigée, de petits êtres à peine
nés doivent "alléger la production de viande". Pour un veau engraissé et
abattu, la commission de l'UE paie une prime, alors que pour un veau transporté, tué et
détruit à l'étranger, le montant est plus que le double ! Les grands profiteurs de ce
commerce ignoble sont les marchands de bétail, les transporteurs et les abattoirs.
Évidemment, tout ce beau monde se moque éperdument des souffrances des animaux
impliqués !
Madame et Messieurs les Conseillers fédéraux, nous avons nullement envie
"d'atteindre ce niveau international" ! Tous les grands distributeurs en Suisse
ont des produits laitiers étrangers dans leur assortiment ; nous participons donc aussi,
indirectement, à ce massacre ignoble.
Chère Lectrice, confieriez-vous votre propre enfant à un homme qui organise, approuve et
exécute un pareil massacre de bébés animaux ?
UE non !