Situation lamentable dans les porcheries fribourgeoises
«Etable» de M Juriens à Ursy:Truies fixées par des sangles dans des stalles étroites, sur le sol dur sans litière et ...
... sans la possibilité de soccuper comme prescrit par lordonnance sur la protection des animaux.
Encore une étable de M Juriens à Ursy...
... dans laquelle tous les principes de la protection des animaux sont violés.
Lécurie de M Davet, Chavannes-les-Forts. Les chevaux sont attachés par des chaînes et obligés de se coucher dans la saleté...
Ce poulain de M Davet, blessé et malade, se tenait à peine debout avec cette blessure purulente au pied.
Encore un taudis chez M Juriens à Ursy... ...où les mères avec leurs petits sont obligées de végéter dans la quasi obscurité, emprisonnées dans une cage ayant tout juste la grandeur de leur corps.
Porcherie sur deux étages de M Bérard à Epagny...... Les animaux se tiennent sur des caillebotis sans aucune possibilité de soccuper et de se coucher dans un nid de paille.
(SW) Dans le courant de cet été, plusieurs articles parus dans
divers journaux avaient pour thème l'application, dans le canton de Fribourg, des Loi et
Ordonnance sur la protection des animaux de la rente. L'article suivant informe nos
lecteurs sur les dessous de l'affaire faisant l'objet de ce rapport.
Le 27 juin 1997, nous avons dénoncé auprès des autorités compétentes en matière de
protection des animaux, l'exploitation de porcs de M. Alexis Juriens à Ursy.
Dans cette exploitation, les Loi et Ordonnance sur la protection des animaux sont
violées. Nous avons donc demandé au vétérinaire cantonal d'appliquer l'art. 25 de la
Loi, soit de fermer cette exploitation.
Le 22 juillet, le vétérinaire nous informe que le paysan "est d'accord de procéder
à une étude en vue d'assainir son exploitation", avec l'aide technique d'un
conseiller "d'Agri-Natura".
Ce dernier nous répond au téléphone que l'exploitant n'étant pas propriétaire des
bâtiments, l'affaire ne peut-être réglée tout de suite, que les animaux veuillent donc
bien patienter !
Suite à l'article paru dans "La Liberté" - nous avions envoyé copie de la
plainte à la presse -, M. Juriens adresse un courrier à ce journal et à l'ACUSA. Il
affirme "...j'ai toujours respecté les animaux que j'aime et que j'élève",
puis, "Sachez encore que l'on ne construit rien, absolument rien sur des mensonges et
des calomnies", et il continue à l'intention de l'ACUSA : "...cherchez et
trouvez le respect vis-à-vis des autres (êtres humains ou animaux confondus)".
Définition du mot "respect" par le LAROUSSE : "Sentiment qui porte à
traiter quelqu'un avec déférence en raison de son âge, de sa supériorité, de son
mérite".
Dans ce cas précis, qui devons-nous respecter et pourquoi ?
- A cause de la supériorité présumée de l'homme sur les animaux on lui donne le droit
d'exploiter les animaux comme il le fait ?
- A cause du métier ? A ceux qui ont le pouvoir voire l'obligation de veiller sur
l'application des exigences de la législation sur la protection des animaux, et qui
négligent leur devoir autant envers les animaux qu'envers les citoyens ?
- Enfin, il reste l'âge...
En juillet, nous avons déposé sept autres plaintes contre des exploitations non
conformes aux lois - il est donc ici toujours question des Loi et Ordonnance en vigueur
depuis 16 ans - soit :
Porcherie de M. Bérard à Epagny sur deux étages. L'art. 2 de la Loi
ainsi que l'art. 5, al. 3 et l'art. 20 de l'Ordonnance de la protection des animaux sont
violés.
Porcherie de M. Andrey, Le Paquier: Il s'agit d'une étable délabrée
pour bétail, absolument inadaptée pour la détention de porcs. Le sol de béton est
couvert d'excréments d'animaux, le rendant ainsi très glissant, et sur lequel les porcs
sont aussi obligés de se coucher. L'art. 2 de la Loi est gravement violée ainsi que
l'art. 5, al. 3 et l'art. 20 de l'Ordonnance.
Porcherie de la Laiterie de Grandvillart: L'art. 2 de la Loi ainsi que
l'art. 5, al. 3 et l'art. 20 de l'Ordonnance ne sont pas respectés dans cette porcherie
située bien loin du village à côté d'une gravière.
Porcherie de la laiterie de la Tour-de-Trême: Grand bâtiment dans lequel les
animaux ne sont pas logés conformément à la législation.
Porcherie de la Société de laiterie La Sionge: Nous avons visité à
plusieurs reprises cette porcherie. Qu'elle soit sur occupée ou à moitié vide, les
conditions de vie des animaux y sont catastrophiques. En hiver, ils se blottissent les uns
contre les autres pour se procurer un peu de chaleur sur un sol de béton extrêmement
sale et à moitié gelé. Le "fenêtres" sont si sales que les animaux vivent
presque dans l'obscurité.
Quelques habitants des maisons environnantes sont entièrement conscients de la situation
lamentable et l'admettent ouvertement.
Porcherie à Vuadens: Il s'agit d'une grande porcherie sur deux étages.
Le responsable, M. Dunand, nous assure être en possession d'un certificat attestant de la
conformité de la détention aux lois sur la protection des animaux.
De source sûre, nous disposons d'informations que ceci n'est pas le cas.
Exploitation de M. N. Davet, Chavannes-les-Forts: dans cette porcherie,
aux dires du vétérinaire M. Besson de Romont, "il y aura des améliorations à
faire". Et pour cause ! L'art. 2 de la Loi ; l'art. 5, al. 3, l'art. 20 et l'art. 23,
al. 2 de l'Ordonnance ne sont pas respectés.
M. Davet tient en outre quelques chevaux et vaches qu'il parque dans une petite
"écurie" située en avant de sa porcherie, un taudis crasseux, froid et sombre.
Nous avons été témoin du très mauvais état de santé d'un poulain. Sur notre
insistance, le vétérinaire Besson et le vétérinaire cantonal sont allés voir ce petit
bout d'animal souffrant - quelques jours plus tard il a d'ailleurs dû être abattu - et
de même ils ont pu constater le délabrement de l'écurie.
Auparavant, nous avons vu une vache, dans un état bien lamentable elle aussi, couchée à
côté de la porcherie !
Pendant tout l'été, les porcs ont croupi dans leur misérable logis, dans des conditions
non conformes aux Loi et Ordonnance en vigueur depuis 16 ans... et le vétérinaire
cantonal accorde encore un délai ! Jusqu'à quand les contrevenants jouiront-ils de la
complaisance des autorités, se moquant ainsi de la volonté du peuple qui a clairement
fait comprendre, par voie de vote, quelle sorte d'agriculture il est prêt à financer ?
Il y a néanmoins un remède à cette situation, un seul : renoncer à consommer de la
viande ! Aussi longtemps que les animaux doivent survivre dans de pareilles conditions,
renoncer à consommer leur chair est le seul moyen pour faire comprendre aux milieux
concernés qu'ils ont affaire à des êtres vivants, capables de souffrir, des créatures
dont l'existence ne doit pas être réduite à un simple calcul, soit grossir et atteindre
le poids d'abattage le plus rapidement possible, à moindres frais et soins!