AN 1998-2

Couvent Fahr

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Les truies au couvent Fahr

 

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Au Couvent Fahr les nouveaux-nées sont isolés dans ces boxes

 

Un des points d'accusation du procès "Couvent Fahr contre VgT" est l'utilisation de l'expression "enlèvement d'enfant". Pourtant, n'en déplaise aux plaignants anthropocentriques, le langage technique utilise aussi celle de "mère-enfant". Une vache à laquelle son veau a été enlevé ne peut atténuer sa souffrance émotionnelle en s'imaginant que son enfant sera bien à l'autre endroit. La mère d'un animal est entièrement exposée aux douleurs de la séparation, de même que l'enfant qui se sent totalement abandonné surtout s'il est placé, comme dans ce cas précis, dans un box étroit.

Extraits de l'oeuvre de référence "Ethologie des animaux domestiques" du Prof. Sambraus: «Quelques jours avant la naissance déjà, le comportement de la vache change, elle devient plus craintive; les bovins d'un élevage extensif se rendent de moins en moins souvent aux emplacements des mangeoires. Peu avant la naissance, la vache se sépare du troupeau pour dénicher une place tranquille, protégée par des buissons, à l'abri des dérangements». «Dix à trente minutes après la naissance, le nouveau-né se dresse pour chercher avec avidité la mamelle. Après environ 5 jours, la mère conduit le veau vers le troupeau, au sein duquel les enfants se rassemblent pour former un jardin d'enfants. Au cas où les vaches devraient s'en éloigner, une mère au moins y resterait pour surveiller et protéger le groupe de veaux. Si une vache devait perdre son veau, elle le chercherait en l'appelant pendant des heures». «Avec l'âge avançant, les liens vache-veau s'affaiblissent, mais un certain attachement à la mère persiste pendant des années».
Si la liberté d'opinion a un sens, il doit être permis d'exprimer sa conviction que l'enlèvement d'un veau doit causer à la vache des douleurs de séparation semblables à celles éprouvées par l'être humain, et que cette pratique n'est rien d'autre qu'un enlèvement brutal d'enfant ne pouvant se justifier par l'excuse qu'il ne s'agit que d'animaux! Vu que même dans la littérature éthologique il est question de «mère et enfant», il ne peut être défendu aux protecteurs des animaux d'utiliser la même terminologie. Le terme «enlèvement d'enfant» est en conséquence tout à fait approprié.

Dans la littérature concernant l'esclavage aux USA figure l'histoire émouvante d'une mère noire à laquelle on avait enlevé son nouveau-né pour le confier, comme c'était la coutume, à une nursery d'enfants d'esclaves éloignée de plusieurs heures de marche. Chaque nuit, après son dur labeur dans les champs, la mère parcourait cette distance pour aller voir son enfant, puis le long chemin du retour afin d'arriver à temps pour reprendre son travail à l'aube. Les personnes manifestant de la compassion pour cette mère s'exposaient à la même critique que les protecteurs des animaux exprimant leur compassion pour une vache à laquelle on a enlevé son veau. Que les mères noires puissent éprouver les mêmes sentiments que les mères blanches était, à l'époque, considéré comme absolument inconcevable. Les militants qui se battaient pour l'abolition de l'esclavage se mettaient dans leur tort. Donc, jadis comme aujourd'hui, l'agriculture exploite sans scrupules des êtres sensibles. L'histoire se répète, bien que légèrement modifiée, et de nouveau les tribunaux se rangent du côté des impitoyables.


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