AN 1998-2
Lu pour vous
Les cinq articles suivants tirés des Dossiers du canard enchaîné et intitulés "Qu'est-ce qu'on mange?", devraient tout particulièrement intéresser nos lectrices et lecteurs qui pratiquent le "tourisme frontalier alimentaire", les acheteurs de produits "meilleur marchés" en France voisine. Nous ne reproduisons ici que partie des articles du dossier traitant les produits carnés. Les conditions dans lesquelles les animaux ont vécu sont seulement mentionnées "en passant", mais aisément imaginables à la lecture des articles.
Civet de lapin
«
99% des lapins commercialisés sont élevés en batterie dans des
bâtiments industriels, dans des cages grillagées. Après cinq semaines d'allaitement
sous la mère, les lapins sont engraissés en sept semaines, nourris avec des granulés
dont la composition n'est connue que des fabricants d'aliments. Encore heureux que les
lapins détestent les farines de viande. A coup sûr qu'ils auraient droit, comme les
poules et les cochons, à leur dose quotidienne de cadavres d'animaux. Le lapin est un
être sensible et craintif; ce mode d'élevage concentrationnaire et intensif le stresse.
Les éleveurs sont sans arrêt confrontés à des problèmes de santé de leurs bêtes,
auxquels ils remédient à coups de cocktails d'antibiotiques».
Mangez végétarien aujourd'hui, pour votre santé et pour l'amour des animaux!
Poulets
«
savent-ils, les consommateurs affolés par l'affaire des vaches folles,
que les volailles de batterie sur lesquelles ils rabattent leur voracité, ingurgitent
pour la plupart d'entre elles des farines de viande, comme les vaches incriminées et
qu'elles sont, en prime, bourrées d'antibiotiques? Du premier au 27ième jour, soit 3
jours avant l'abattage, elles picorent des granulés assez éloignés du grain de blé:
virgiamicine, tylosine, bacitracine
un mélange miraculeux qui ne fait pas que
prévenir la grippe du poulet mais fait aussi grossir celui-ci; ces antibiotiques ont la
vertu d'activer la croissance, comme les hormones. Les éleveurs ne s'en privent donc pas!
«Depuis vingt ans, on gagne un jour par an» se félicite un vétérinaire (!)
spécialiste des "poulaillers" industriels. Les poussins y arrivent à l'âge de
deux jours. En trente jours, ils avaleront 1,5 kg de nourriture pour atteindre le poids de
1,2 à 1,5 kg. L'animal obtenu à partir de farines de viande assaisonnées de céréales
et d'antibiotiques, s'appelle un poulet standard, prêt à cuire.»
Mangez végétarien!
Saumon fumé
«
Le saumon fumé est devenu un produit industriel; la production à grande
échelle représente 90% du marché. Dans les élevages intensifs, les saumons grossissent
en deux ans pour atteindre le poids de 6 à 7 kg. Ils sont nourris à grand renfort de
farines enrichies d'asthaxianthyne, un isomère de synthèse qui, au passage, colore la
chair en rose. Un programme médicamenteux à base de vaccins avec cure d'antibiotiques
pour prévenir épidémies et maladies, complète le tableau. Le saumon est d'abord gazé
au CO2, puis achevé dans de l'eau très froide, saigné, étêté et enfin vidé avant
d'être fumé. Les poissons sont badigeonnés ou douchés à la fumée liquide
artificielle en étuve
».
Mangez végétarien aujourd'hui, pour votre santé et pour l'amour des animaux!
Foie gras
«
80% du marché du fois gras sont aux mains des industriels. Les animaux
(le canard qui a remplacé l'oie pour sa chair moins grasse) sont gonflés en batterie,
sous lumière artificielle, en 11 semaines. Le gavage se prodigue au pistolet à air
comprimé, 500 animaux à l'heure
».
Qu'on arrête donc de nous parler avec nostalgie du bon vieux temps où les paysans
tenaient dans leurs prés quelques oies qu'ils gavaient amoureusement pour produire un peu
de foie gras pour les amis et les commerces locaux. Tout gavage est une horrible torture
pour les animaux concernés, une torture qui se pratique aujourd'hui à l'échelle
industrielle dans plusieurs pays.
Mangez végétarien aujourd'hui, pour votre santé et pour l'amour des animaux!
Poissons
« Devinette: combien de temps après être sorti de l'eau un poisson (non surgelé) peut-il être vendu comme poisson frais? 5 jours? 10 jours? Vous n'y êtes pas! 30 jours, 1 mois!».
Oeufs d'élevages en plein air
«La plupart des oeufs d'élevages en plein air proviennent en réalité de poules qui ne sont que rarement ou jamais à l'extérieur, constat identique pour les porcs et veaux vendus sous la même dénomination» - concluait le KAG (Groupe de travail des consommateurs pour un élevage respectueux des animaux de rente) après une étude faite -, puis: «80% d'acheteurs de produits vendus sous la dénomination "élevage en liberté" attendent des éleveurs qu'ils laissent sortir leurs animaux à l'air libre au moins 5 à 6 jours par semaine». Simonetta Sommaruga de la Protection des consommateurs parle d'une «duperie évidente des consommateurs et que l'impression persiste qu'il s'agit en grande majorité d'un étiquetage intentionnellement erroné». «Dans une lettre ouverte, les organisations de protection des animaux et le KAG demandent au Conseil Fédéral qu'il définisse les exigences minimales pour la dénomination "élevage en plein air". Elles critiquent le fait que la "dénomination Bio" du Conseil Fédéral ne contienne aucune information sur la façon d'élever les animaux». Der Bund
AN 1998-2
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