AN 1998-2
Porcheries dans le Pays de Vaud
Quelles soient vieilles, délabrées, vétustes et sales, ou modernes, high-tech et propres: les conditions de vie y sont misérables pour les animaux.
Porcherie à Mollens, exploitée par M. Annen.
Dans un bâtiment délabré, appartenant à la société de laiterie de Mollens, les
animaux croupissent dans une saleté incroyable. Les cochons, animaux propres de nature,
sont obligés de se coucher sur un sol en briques couvert d'excréments. En voyant cette
porcherie, on se demande comment pareil élevage peut exister dans un pays qui se vante
d'avoir l'une des meilleures législations en matière de protection des animaux.
Les exigences suivantes de l'OPA sont gravement violées, à savoir: l'article premier:
«Les animaux doivent être détenus de telle façon que leurs fonctions corporelles et
leur comportement ne soient pas gênées et que leur faculté d'adaptation ne soit pas
mise à l'épreuve de manière excessive»; l'article 13: «Les sols des locaux de
stabulation doivent pouvoir facilement être maintenus dans un état sec et non
glissant»; l'article 20: «Les porcs doivent pouvoir s'occuper assez longtemps avec de la
paille, du fourrage grossier ou d'autres objets appropriés».
Dans les porcheries faisant l'objet de cet article, la Loi (LPA) et l'Ordonnance
(OPA) sur la protection des animaux ne sont pas respectées. Il va sans dire qu'aucune ne
satisfait à l'exigence de l'art. 2 de la LPA qui stipule: «Les animaux doivent être
traités de la manière qui tient le mieux compte de leurs besoins», et les articles de
l'OPA y sont si systématiquement violés que les soupçons deviennent certitude: sans la
complicité explicite des autorités compétentes en la matière, pareil manquement à une
législation en vigueur n'est pas possible. S'y ajoute la "discrétion" - pour
le dire poliment - du voisinage parfaitement au courant des conditions déplorables dans
lesquelles croupissent les animaux! On sait bien que les vaches du paysan d'à côté
passent toute leur vie attachées dans l'étable, on a bien vu - et senti - les cochons
dans leur m
jusqu'aux oreilles, on a bien entendu les gémissements du chien
maltraité - de même que les cris d'un enfant battu -, mais on préfère se taire et
laisser faire plutôt que de s'exposer aux rancunes des bourreaux d'innocentes victimes.
La "non-ingérence" est promue vertu absolue, et tant pis pour les martyrisés!
Les porcheries ci-après citées - parmi d'autres - ont fait l'objet d'un dépôt de
plainte auprès du vétérinaire cantonal pour violation des LPA et OPA. En ce qui
concerne l'art. 20 de l'OPA qui précise: «Les porcs doivent pouvoir s'occuper assez
longtemps avec de la paille, du fourrage grossier ou d'autres objets appropriés», nous
demandons avec insistance qu'il soit respecté. Les cochons, animaux sensibles,
intelligents, curieux et enjoués passent toute leur vie dans des boxes délimités par
des murs de ciment ou de briques, ou des barres métalliques à travers lesquelles ils ne
voient que le compartiment identique de leur congénère d'en face (nous ne parlons pas
ici des quelques centaines de cochons à l'air libre). Leur nourriture est identique jour
après jour: l'éternelle bouillie liquide qui, de plus, n'est pas conforme à l'art. 2 de
l'OPA qui dit: «La forme et la composition de la nourriture doivent être telles qu'elles
permettent aux animaux de satisfaire le besoin d'occupation propre à leur espèce, qui
est lié à la prise de nourriture» - autre prescription dont on se moque éperdument!
Porcherie de Corcelles-près-Payerne, exploitée par M. Annen:
Jouer avec un peu de paille ou de foin, mâchouiller des bâtons de bois ou des épis de maïs, procure aux animaux une occupation qui leur fait oublier pour un moment leur triste condition de vie. Les priver de cette faveur n'est pas seulement une infraction à une législation en vigueur depuis des années, mais en dit long sur l'attitude et la mentalité du propriétaire envers ses animaux. L'absence de ces «dérisoires amuse-cochons» - expression "spirituelle" employée par un fonctionnaire agricole fribourgeois - justifie donc le dépôt d'une plainte.
Dans le prochain numéro du journal (AN 1999), nous vous informerons sur les suites données à nos démarches.
Porcheries exploitées par MM. Annen, de Gollion:
Porcherie de La Chaux-sur-Cossonay, exploitée par M. Annen. Les animaux, serrés comme des sardines, ne disposent pas de quoi s'occuper. Violation de l'art. 20 de l'OPA aussi dans cet élevage:
Messieurs Annen père et fils sont propriétaires-exploitants de plusieurs
porcheries dans lesquelles ils élèvent des cochons tous âges confondus. Parmi leurs
installations, on compte aussi bien des locaux modernes que des bâtiments délabrés et
qui ont tous un point commun: celui d'être en infraction à plusieurs articles de la
législation sur la protection des animaux.
En 1996 déjà, nous avions porté plainte contre M. Annen pour violation de l'art. 20 de
l'OPA dans la porcherie du Domaine de Corcelettes à Grandson. En application de l'art.
29.1.a qui précise que «celui qui, intentionnellement, n'aura pas respecté les
prescriptions concernant la détention des animaux sera puni d'arrêt ou d'une amende de
20'000 francs au plus», le préfet de Grandson condamna l'exploitant à payer une amende
de Fr. 50.-- + Fr. 25.-- pour frais du prononcé, montants "absolument
exorbitants" dont M. Annen s'est dûment acquitté. De 1996 à ce jour, aucun des
animaux appartenant à ces éleveurs n'a pu bénéficier, dans la monotonie de leurs
boxes, du peu de bien-être que l'art. 20 leur concède.
Les articles 2 de la LPA et 20 de l'OPA ne sont pas les seuls auxquels MM. Annen se
permettent de contrevenir. A Corcelles-près-Payerne, à 100 m du Refuge, dans une zone
agricole devenue partiellement terrain industriel, M. Annen fils fait construire un nouvel
élevage intensif d'engraissement - destiné à la production susceptible de porter le
label de qualité d'un grand distributeur - ayant une capacité de 1000 porcs, à côté
de celui déjà existant de M. Annen père. Dans la porcherie dont le fils Annen rêve, un
seul gardien - et son remplaçant pour lequel une maison d'habitation a été construite
dans la zone industrielle - surveilleront l'exploitation grâce à une automatisation à
outrance. L'affouragement sera géré par ordinateur. Trois fois par jour, le mélange
liquide parviendra aux porcs par l'intermédiaire de canalisations, ce qui constitue une
infraction à l'art. 2, al. 2 de l'OPA. Dans une interview accordée à la
"Liberté", le futur patron explique «
on sera plus sévère encore que
la norme Migros
- pour pouvoir livrer ses porcs à Micarna -
en s'inspirant
notamment de l'Ordonnance fédérale sur la détention en plein air et les systèmes de
stabulation particulièrement respectueux des animaux». L'unité "respectueuse des
animaux" fonctionnera en synergie exclusive avec l'installation appartenant à son
père. Dans la construction d'apparence fonctionnelle de M. Annen père, entourée de bois
et vastes champs ensoleillés, les 150 truies sont obligées de végéter, le temps de la
gestation, sur le sol de béton d'une halle fermée et sombre, coincées dans d'étroites
stalles métalliques. Chacune dispose de si peu de place qu'il ne lui est possible de
dormir couchée sur le flanc qu'en étendant ses jambes dans le compartiment de la
voisine! M. Annen junior fera passer les petits de ces truies «de 20 kg à 100 kg en 110
jours».
L'art. 22., al. 3 de l'OPA en vigueur depuis le 1er juillet 1997 stipule que «les
truies, tenues dans des stalles individuelles, doivent journellement pouvoir se mouvoir en
dehors de l'aire d'attache». Les truies de M. Annen ne disposent pas de cette place, et
aucun endroit n'est prévu à cet effet. L'article 23 de l'OPA précise: «Quelques jours
avant la mise bas et durant les deux semaines qui suivent, on mettra de la litière dans
le box». Dans leurs stalles métalliques, les truies de M. Annen n'ont aucun brin de
paille à leur disposition, et ne voient pas la lumière du jour, installées qu'elles
sont au milieu du bâtiment. Les porcelets, tout juste sevrés, se serrent les uns contre
les autres, sans occupation, sur un sol de caillebotis non adapté à leur âge. En effet,
ils se font mal vu la taille minuscule de leurs pieds qui s'enfoncent dans les fentes
séparant les planches. C'est pourquoi, l'art. 13, al. 2 qui dit que «les caillebotis,
les sols perforés et les grillages doivent être adaptés à la taille et au poids des
animaux
», n'est pas respecté.
Malgré leurs infractions aux Loi et Ordonnance sur la protection des animaux, MM. Annen
ont reçu toutes les autorisations nécessaires pour construire une nouvelle usine
d'animaux.
Selon un communiqué de presse paru dans la "Liberté" du 23 décembre 1997,
«deux porcheries du canton ont été contaminées». «Un contrôle sanitaire, effectué
suite à l'importation illégale de porcs dans le canton de Vaud, relève que deux
Porcheries sont contaminées par le syndrome dysgénésique et respiratoire du porc. Des
porcelets importés illégalement à Grandson et des porcs indigènes à Gollion sont
infectés».
Monsieur Annen possède justement une porcherie - laquelle est en infraction à l'art. 20
de l'OPA - à Gollion. Des porcheries à La Chaux-sur-Cossonay, Mollens et
Bussy-Chardonney sont également exploitées par MM. Annen père et/ou fils.
Porcherie de M. Zürcher à Ropraz, à la lisière d'une forêt. Grand élevage d'environ 900 cochons. A l'exception de quelques porcs "d'alibi" bien chanceux "exposés" dehors, les animaux sont tenus à l'intérieur, sur caillebotis, sans la possibilité de pouvoir s'occuper:



Porcherie à Bussy-Chardonney, exploitée par M. Annen. Grande porcherie de deux bâtiments parallèles (appartenant à M. Roland Charrière de Bussy).:
D'un côté: une rangée d'enclos partiellement couverts. Les animaux
doivent se coucher sur un sol de béton couvert d'excréments dilués par l'eau de pluie.
Plusieurs d'entre eux ne se lèvent et se déplacent qu'avec grande peine; visiblement ils
souffrent. L'article 13 est violé ainsi que l'art. 3, al. 3: «Dès que des animaux sont
malades ou blessés, le détenteur doit les loger, les soigner et les traiter compte tenu
de leur état ou, à défaut, les mettre à mort». Leur alimentation ne répond pas non
plus à l'exigence de l'art. 2, al. 2 de l'OPA.
De l'autre côté: Un lugubre bâtiment typique d'un vieil élevage industriel. A
l'intérieur de ce bâtiment aux portes fermées la plupart du temps, dans l'obscurité,
des porcs à l'engraissement occupent les boxes, en violation flagrante de l'art. 14, al.
2: «Les étables dans lesquelles les animaux vivent en permanence ou la majeure partie du
temps doivent, si possible (!!!) être éclairées par la lumière du jour. Dans l'aire
où se tiennent les animaux, l'intensité de l'éclairage durant le jour doit être d'au
moins 15 lux,
» (pour un être humain, cela correspond à un éclairage tout juste
suffisant pour pouvoir lire ou écrire). Loger des êtres vivants, des créatures capables
de souffrir dans un "lieu rempli d'immondices" pareil, est absolument
insoutenable. Nous avons des lois édictées pour punir de tels bourreaux d'animaux; nous
demandons qu'elles soient appliquées sans compromis.
Ce cochon ne souffre plus. Une "unité de production" en moins! Qu'importe, il y en a tant d'autres. Le bien-être d'un cochon individuel est sûrement le moindre des soucis de celui qui exploite aussi cette porcherie (Annen, Bussy):
Porcherie "Hôtel du porc" 3*** de M. Favre à
Corcelles-sur-Chavornay
En juin 1996 déjà, nous avions déposé plainte pour violation de l'art. 20 de
l'OPA. En août, le préfet du district d'Orbe a libéré M. Favre des fins de poursuite,
«considérant que la contravention n'est pas caractérisée». A l'audience, M. Favre a
verbalement menacé les représentants de notre association, et ceci sans se faire
réprimander par le Préfet présent.
Nous réitérerons donc notre dénonciation vu qu'à ce jour, l'article 20 de l'OPA n'est
toujours pas respecté à l'«Hôtel du porc» - humour bien particulier que d'appeler
ainsi un élevage intensif d'animaux!
Porcherie de M. Annen, Domaine de Corcelettes à Grandson:
Elevage de M. W. Kläy à Colombier:
Environ 900 porcs doivent survivre dans des conditions lamentables, soit sur des sols
sales et mouillés, rendus glissants par une boue nauséabonde de restes de nourriture et
d'excréments, soit sur des caillebotis. A tous les cochons il manque bien sûr de quoi
s'occuper. Un vétérinaire ou un inspecteur du bétail n'a-t-il donc jamais mis les pieds
dans cet élevage et constaté l'état de délabrement d'une partie des bâtiments et
l'évidente non-application de la loi sur la protection des animaux?

Porcherie de M. Karlen à Vuiteboeuf:
Dans une vieille maison derrière la fromagerie, le propriétaire tient ses animaux dans
la saleté et une puanteur incommodant tout le village! De toute évidence, ce
propriétaire n'a lui non plus jamais entendu parler de la loi sur la protection des
animaux!
Mangez végétarien aujourd'hui,
pour votre santé et pour l'amour des animaux!
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