Réaction d'un porcher accusé
L'"Hôtel du porc"*** de M. Favre à
Corcelles-sur-Chavornay fait partie des porcheries dénoncées, dans le
numéro 1998/2 de notre
journal, pour violation des dispositions légales sur la protection des animaux. Par
l'intermédiaire de son avocat, M. Favre nous reproche d'avoir jeté, à tort, le
discrédit sur son entreprise. Ses cochons ne sont-ils pas très propres et calmes dans
leurs chambres? Nous n'avons pas dit le contraire, ce n'est pas pour rien qu'ils sont
logés dans un trois étoiles. Avons-nous mentionné des queues rongées? Pas à notre
connaissance! Avons-nous émis des doutes quant aux capacités de M. Favre de prendre des
mesures pour permettre un engraissement très performant? Pas du tout! Nous avons
dénoncé son complexe hôtelier pour violation de l'art. 20 de l'OPA. A tort, rétorque
le propriétaire. Ne distribue-t-il pas tous les jours, à ses quelque mille porcs, du
carton ondulé, leur permettant ainsi de s'occuper? Il faut bien le dire, nous sommes
stupéfaits, car nous n'avons jamais eu l'occasion ni le plaisir de voir ce spectacle.
Sommes-nous arrivés au mauvais moment, l'animateur étant momentanément en rupture de
stock? Parce que des cartons il en faut pour que 1000 cochons "puissent s'occuper
assez longtemps", comme le prescrit l'Ordonnance! (Ce serait sympa si les villageois
des alentours apportaient leurs cartons, ondulés seulement, au lieu de les mettre dans
les conteneurs destinés à la déchetterie.) M. Favre regrette aussi que nous n'ayons pas
pris contact avec lui pour discuter. Mais comme il nous a plutôt témoigné de la
malveillance lors de notre dernière rencontre - en faisant des gestes sans équivoque au
niveau de sa gorge -, nous n'étions pas conscients de son désir d'avoir un nouveau
rendez-vous avec nous! N'en déplaise au propriétaire de l'Hôtel du porc***, nous
réitérons notre plainte contre lui pour violation de l'art. 20 de l'OPA. Quant à
l'attestation du vétérinaire que M. Favre nous a fait tenir, nous demandons, avec les
mots (traduits de l'allemand) du Prof. Drewermann: "Quelle est véritablement la
dimension de l'aveuglement moral ou de la corruption des soi-disant experts scientifiques
qui, vis-à-vis du législateur, réussissent encore à qualifier "d'élevages
conformes aux besoins spécifiques de l'espèce" ces pratiques incroyables?"
- 
Des "chambres" pleines, en désaccord avec l'art. 2 de la LPA
qui stipule "Les animaux doivent être traités de la manière qui tient le mieux
compte de leurs besoins".
- 
Pas trace de cartons ondulés dans ces chambres non plus!

