AN 1999

Réaction d'un porcher accusé


L'"Hôtel du porc"*** de M. Favre à Corcelles-sur-Chavornay fait partie des porcheries dénoncées, dans le numéro 1998/2 de notre journal, pour violation des dispositions légales sur la protection des animaux. Par l'intermédiaire de son avocat, M. Favre nous reproche d'avoir jeté, à tort, le discrédit sur son entreprise. Ses cochons ne sont-ils pas très propres et calmes dans leurs chambres? Nous n'avons pas dit le contraire, ce n'est pas pour rien qu'ils sont logés dans un trois étoiles. Avons-nous mentionné des queues rongées? Pas à notre connaissance! Avons-nous émis des doutes quant aux capacités de M. Favre de prendre des mesures pour permettre un engraissement très performant? Pas du tout! Nous avons dénoncé son complexe hôtelier pour violation de l'art. 20 de l'OPA. A tort, rétorque le propriétaire. Ne distribue-t-il pas tous les jours, à ses quelque mille porcs, du carton ondulé, leur permettant ainsi de s'occuper? Il faut bien le dire, nous sommes stupéfaits, car nous n'avons jamais eu l'occasion ni le plaisir de voir ce spectacle. Sommes-nous arrivés au mauvais moment, l'animateur étant momentanément en rupture de stock? Parce que des cartons il en faut pour que 1000 cochons "puissent s'occuper assez longtemps", comme le prescrit l'Ordonnance! (Ce serait sympa si les villageois des alentours apportaient leurs cartons, ondulés seulement, au lieu de les mettre dans les conteneurs destinés à la déchetterie.) M. Favre regrette aussi que nous n'ayons pas pris contact avec lui pour discuter. Mais comme il nous a plutôt témoigné de la malveillance lors de notre dernière rencontre - en faisant des gestes sans équivoque au niveau de sa gorge -, nous n'étions pas conscients de son désir d'avoir un nouveau rendez-vous avec nous! N'en déplaise au propriétaire de l'Hôtel du porc***, nous réitérons notre plainte contre lui pour violation de l'art. 20 de l'OPA. Quant à l'attestation du vétérinaire que M. Favre nous a fait tenir, nous demandons, avec les mots (traduits de l'allemand) du Prof. Drewermann: "Quelle est véritablement la dimension de l'aveuglement moral ou de la corruption des soi-disant experts scientifiques qui, vis-à-vis du législateur, réussissent encore à qualifier "d'élevages conformes aux besoins spécifiques de l'espèce" ces pratiques incroyables?"


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Des "chambres" pleines, en désaccord avec l'art. 2 de la LPA qui stipule "Les animaux doivent être traités de la manière qui tient le mieux compte de leurs besoins".

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Pas trace de cartons ondulés dans ces chambres non plus!



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