AN 1999
Les porcheries Annen et des Frères Karlen à
Vuiteboeuf:
Le vétérinaire cantonal vaudois se convertira-ti-il au
végétarisme?
En novembre 1998, nous avions porté plainte
auprès des autorités lausannoises compétentes en la matière, contre cinq
propriétaires de porcheries, pour violation de la législation sur la protection des
animaux - nous parlons bien ici de lois en vigueur depuis 18 ans!
En juillet 1999, l'office vétérinaire nous a répondu enfin comme suit. Les porcheries
en question ont été visitées par deux collaborateurs du département, en présence du
propriétaire, de l'inspecteur du bétail et d'un représentant de la municipalité. Aux
dires de ceux-ci, "le bilan est globalement satisfaisant en ce qui concerne les
exigences légales s'appliquant à ce genre d'exploitations" et que lors de leurs
visites, "aucune exploitation n'était totalement dépourvue d'occupation (pour les
porcs)".
Dans le courant de l'année, nous nous y sommes à nouveau rendus à plusieurs reprises et
avons dû constater que ces affirmations ne correspondent en rien à la vérité. Pour ne
citer que deux exploitants:
1. Les porcheries ANNEN
- à Mollens, les animaux vivent dans une saleté extrême.
- à Corcelettes-Grandson, nous avons constaté à plusieurs reprises la présence
d'animaux blessés;
- à La Chaux-sur-Cossonay, comme dans les étables précitées, nous n'avons pas
vu de matériaux ou objets appropriés pour l'occupation des porcs comme prescrit par la
legislation; sommes-nous chaque fois arrivés trop tard pour assister à la
"récré" des cochons?
- à Bussy-Chardonney, les animaux vivent dans les mêmes conditions désastreuses
qu'en 1998; pour satisfaire à l'art. 20 de l'OPA, un morceau de bois tenu par une chaîne
a été fixé aux barreaux ou murs avec lesquels les porcs, animaux très intelligents et
enjoués, s'occupent longtemps et s'amusent follement ...
- à Corcelles-près-Payerne, l'art. 2, al. 2 de la LPA ("Les animaux doivent
être traités de la manière qui tient le mieux compte de leurs besoins"), l'art.
20, ainsi que l'art. 23, al. 2 de l'OPA ("Quelques jours avant la mise bas et durant
les deux semaines qui suivent, on mettra de la litière dans le box") ne sont pas
conformes. A part des chaînes suspendues dans quelques boxes, les animaux ont-ils de quoi
s'occuper conformément à l'art. 20 de l'OPA. Bien que le rapport du service
vétérinaire mentionne que les truies doivent prendre du mouvement chaque jour, elles ne
sortent pas de leur aire habituelle de séjour; l'art. 22, al. 2 de l'OPA ("Les
truies, tenues dans des stalles individuelles, doivent journellement pouvoir se mouvoir en
dehors de l'aire d'attache") n'est pas respecté non plus.
Messieurs Annen condamnent leurs pitoyables truies à une misérable existence de
prisonnières à vie; dès leur première grossesse jusqu'au jour de l'abattage, leur
espace vital est égal à la surface nécessaire pour se lever et se coucher. Ces
éleveurs se moquent éperdument aussi bien des lois en vigueur que des directives du
service vétérinaire.
Porcherie Annen de Mollens:
Porcherie de Bussy-Chardonney:
-
Porcherie à Corcelles-près-Payerne:
2. La porcherie des Frères KARLEN à Vuiteboeuf selon le rapport "il faut songer" à se conformer à l'exigence de l'art. 20 de l'OPA. Bien, bien, songer est déjà mieux que rien du tout ... De plus, les truies étant tenues à l'attache dans des stalles et privées de sortie quotidienne, la violation de l'art. 22, al. 2 de l'OPA est flagrante.
Porcherie des Frères KARLEN à Vuiteboeuf :
Au vu de ces constatations, comment peut-on parler d'un "bilan globalement
satisfaisant"? Les inspecteurs du département savent pourtant aussi bien que nous
que les propriétaires, avertis préalablement de leur visite, ont eu le temps d'arranger
le mieux possible leurs locaux!
Compte tenu de ce qui précède, nous réitérons nos accusations et déposons plainte
contre les propriétaires des porcheries susmentionnées.
Le vétérinaire cantonal termine son courrier par la conclusion que "seulement les
consommateurs pourraient faire changer fondamentalement les choses en modifiant leurs
habitudes". Admet-il donc que nos lois et ordonnances sur la protection des animaux,
votées et approuvées massivement par le peuple suisse, n'arriveront pas à contraindre
les éleveurs, engraisseurs et marchands de porcs de se conformer à leurs exigences?
Se peut-il que le vétérinaire cantonal vaudois, résigné, se joigne à notre
proposition: "Mangez végétarien, pour votre santé et par respect des
animaux"?
Mais que doit-on attendre de lois que,
manifestement, personne n'est obligé de respecter dès qu'un ""bénéfice
économique" évident - même basé sur la plus monstrueuse des cruautés envers les
animaux - peut être réalisé ?"
Prof. Drewermann ("Immortalité des animaux")