Devinette
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Des parents souriants soulèvent leurs petits enfants
pour leur permettre de mieux voir le spectacle qui se déroule devant eux. De quoi peut-il
bien s'agir?
Il s'agit du triste spectacle de la mise à mort d'un cochon...
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Depuis 1990, le propriétaire du restaurant de la Gare à Estavayer-le-Lac organise devant
son établissement, avant le carême, la boucherie publique d'un porc. Les badauds, de
près ou de loin, se bousculent sur la place en ricanant, pour mieux voir comment le
pauvre porc, criant dans sa peur de la mort, est tiré brutalement de sa cage de
transport, comment il est étourdi, puis égorgé, ébouillanté et finalement coupé en
morceaux.
Les spectateurs se lèchent les babines, car dans peu de temps ils pourront se délecter
de boudin; ils ont vu couler le sang avec lequel il sera préparé.
Il faut que les enfants sachent aussi que des animaux doivent mourir pour que leur chair
puisse être consommée. Mais il est inadmissible que cela leur soit démontré d'une
façon aussi abjecte.
Les enfants présents ont été témoins de la grossièreté avec laquelle une partie de
notre population campagnarde si adulée traite les animaux. Aux enfants issus de ce
milieu, l'exemple de leur futur comportement a été donné.
Que les autorités aient accordé la permission pour cette manifestation sanglante,
répugnante, ignoble, basse - et tellement triste - est, même pour un canton comme
Fribourg, déconcertant.
P.S. L'exemple d'Estavayer-le-Lac fait école: le 26 octobre, la SOCIÉTÉ DE LA JEUNESSE
de Rueyres a organisé un spectacle "fête aux cochons". Les deux protagonistes
des festivités, l'un après l'autre, ont été mis à mort devant un nombreux public.
Dans le courant de ce siècle qui s'achèvera dans quelques semaines, la science a fait
des progrès inimaginables il y a encore peu de temps - si nous pensons seulement aux
prouesses techniques dans l'agriculture, à ces anonymes installations de traite
automatisée, à l'affouragement géré par ordinateur -, mais qui n'ont pas manqué de
désorienter, voire apeurer bon nombre de gens. Il est alors compréhensible que les
populations - surtout rurales - se souviennent de leurs racines et désirent rester
ancrées dans leurs traditions sécurisantes. Nous sommes donc obligés de voir surgir,
dans nos campagnes, des coutumes ancestrales dont la sauvagerie peut froisser la
sensibilité des citadins ou autres âmes tendres. Allons-nous prochainement humer la
fumée des bûchers? Ne se trouvera-t-il pas aussi des spectateurs ravis de voir flamber
les
protectrices des animaux?