AN 1999

Devinette


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Des parents souriants soulèvent leurs petits enfants pour leur permettre de mieux voir le spectacle qui se déroule devant eux. De quoi peut-il bien s'agir?


Il s'agit du triste spectacle de la mise à mort d'un cochon...

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Depuis 1990, le propriétaire du restaurant de la Gare à Estavayer-le-Lac organise devant son établissement, avant le carême, la boucherie publique d'un porc. Les badauds, de près ou de loin, se bousculent sur la place en ricanant, pour mieux voir comment le pauvre porc, criant dans sa peur de la mort, est tiré brutalement de sa cage de transport, comment il est étourdi, puis égorgé, ébouillanté et finalement coupé en morceaux.

Les spectateurs se lèchent les babines, car dans peu de temps ils pourront se délecter de boudin; ils ont vu couler le sang avec lequel il sera préparé.

Il faut que les enfants sachent aussi que des animaux doivent mourir pour que leur chair puisse être consommée. Mais il est inadmissible que cela leur soit démontré d'une façon aussi abjecte.

Les enfants présents ont été témoins de la grossièreté avec laquelle une partie de notre population campagnarde si adulée traite les animaux. Aux enfants issus de ce milieu, l'exemple de leur futur comportement a été donné.

Que les autorités aient accordé la permission pour cette manifestation sanglante, répugnante, ignoble, basse - et tellement triste - est, même pour un canton comme Fribourg, déconcertant.

P.S. L'exemple d'Estavayer-le-Lac fait école: le 26 octobre, la SOCIÉTÉ DE LA JEUNESSE de Rueyres a organisé un spectacle "fête aux cochons". Les deux protagonistes des festivités, l'un après l'autre, ont été mis à mort devant un nombreux public. Dans le courant de ce siècle qui s'achèvera dans quelques semaines, la science a fait des progrès inimaginables il y a encore peu de temps - si nous pensons seulement aux prouesses techniques dans l'agriculture, à ces anonymes installations de traite automatisée, à l'affouragement géré par ordinateur -, mais qui n'ont pas manqué de désorienter, voire apeurer bon nombre de gens. Il est alors compréhensible que les populations - surtout rurales - se souviennent de leurs racines et désirent rester ancrées dans leurs traditions sécurisantes. Nous sommes donc obligés de voir surgir, dans nos campagnes, des coutumes ancestrales dont la sauvagerie peut froisser la sensibilité des citadins ou autres âmes tendres. Allons-nous prochainement humer la fumée des bûchers? Ne se trouvera-t-il pas aussi des spectateurs ravis de voir flamber les … protectrices des animaux?


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