AN 2000

L'exploitation agricole de l'Institut psychiatrique de Marsens

Dans l'édition 1997 de notre journal nous avions écrit, en guise de conclusion concernant l'exploitation agricole de l'Institut psychiatrique de Marsens (FR): «Nous dénoncerons la détention d'animaux de la Clinique de Marsens aussi longtemps que leurs animaux doivent croupir dans des conditions aussi indignes».

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Rappel des faits: Dans un vieux bâtiment au coeur du village, dans une étable basse et sombre, une partie des bovins de l'exploitation passent les mois d'hive. Les animaux sont sales parce qu'ils sont obligés de se coucher sur un sol très souillé par leurs excréments. Dans le courant de l'été 1998, l'étable brûle partiellement; un assainissement devient inévitable. Les responsables de la clinique décident alors de transférer l'exploitation à l'extérieur du village et soumettent aux autorités compétentes un projet de construction (le vieux bâtiment sera vendu à la commune). Durant l'hiver 1998-99, les bovins sont toutefois obligés de réintégrer leur vieille étable et endurer à nouveau les conditions décrites plus haut. Sur décision du Conseil d'Etat, la gestion de l'exploitation est confiée à partir d'avril 1999 à l'Institut agricole de Grangeneuve, dont les responsables demandent une inspection de l'étable par le vétérinaire cantonal; celui-ci déclare la vétuste étable «conforme au minimum des exigences légales», le nombre d'animaux, l'entretien et la luminosité des locaux devraient pourtant faire l'objet d'une surveillance! Le bâtiment n'a toujours pas trouvé preneur et les bovins retrouvent leurs mêmes quartiers d'hiver en 1999-2000. Dans son journal de décembre 1999, ACUSA dénonce une nouvelle fois ces lamentables conditions inchangées.

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Derrière cette façade côté village si pittoresque se cache, côté cour, une étable délabrée.

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Une de nos lectrices, écoeurée après avoir vérifié nos dires, écrit à la direction de l'Institut agricole de l'Etat de Fribourg , nouveau propriétaire de l'exploitation depuis début 2000 : «… En visitant les étables, j'ai vu des bovins parqués sur un sol rendu glissant par la saleté. Il y avait des endroits où la saleté était bien haute de 20 centimètres, nulle part, absolument nulle part je n'ai vu de la paille sur laquelle les animaux pourraient se coucher au sec… Je me demande comment une école agricole cantonale qui accepte une détention d'animaux tellement indigne, puisse instruire de jeunes personnes afin qu'elles deviennent des agriculteurs et agricultrices respectueux des animaux… En tant que contribuable dans ce canton, je ne suis absolument pas d'accord de soutenir une institution cantonale pareille avec mes impôts». La direction lui répond poliment «que le problème est connu, qu'elle réfléchit à des solutions, comme nettoyer les bovins, l'intensification des nettoyages - et l'évacuation du fumier - des boxes, l'agrandissement des boxes…, qu'elle est consciente que cette situation ne peut servir de référence et qu'une amélioration s'impose».

L'avenir du bâtiment est incertain, mais il est certain que les bovins y retourneront aussi pour l'hiver 2000-2001. Nous attendons des autorités compétentes qu'elles fassent le nécessaire pour une détention d'hiver décente de ces génisses. Dans la même lettre, la direction fait par ailleurs savoir que «Marsens tient en outre un rôle de pionnier quant à l'élevage respectueux des animaux, en l'occurrence celui des cerfs élevés pour la boucherie». …Soit… Par contre, Marsens ne tient pas un rôle de pionnier quant à son élevage de porcs:

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Des boxes tout pleins; des caddies tout vides - ne devraient-ils pas contenir, selon l'exigence de l'art. 20 de l'OPA, «de la paille, du fourrage grossier ou d'autres objets appropriés pour que les animaux puissent s'occuper assez longtemps»?

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