AN2002
Fourrure rime encore et toujours avec torture


Le sombre mois de novembre est celui du massacre dans les élevages intensifs d'animaux à fourrure. L'heure des cris, des coups, de l'agonie, de l'horreur des tenailles auxquelles ils n'échapperont pas, de la panique, des dépouilles qui s'entassent, du sang et de l'odeur de la mort.
Ce que nous dénonçons sans relâche est ainsi confirmé par le Comité scientifique de la Santé et du Bien-être des Animaux - de l'Union Européenne dans son rapport publié en décembre 2001: «Les actuels systèmes de détention causent de graves problèmes aux espèces animales élevées pour leur fourrure - ceux-ci n'y disposent pas des structures nécessaires à leurs besoins naturels».

vison
Dans un nombre toujours croissant de pays européens, l'élevage concentrationnaire d'animaux à fourrure est d'ailleurs interdit:
En Autriche: le dernier élevage d'animaux à fourrure a fermé en 1998. En Angleterre et dans le Pays de Galles: les élevages en batterie d'animaux à fourrure sont interdits depuis le 1er janvier 2003. En Ecosse: bien qu'il n'existe aucun élevage dans ce pays, le parlement a adopté une loi qui en interdit l'établissement; ceci dans le but de prévenir l'éventuel déplacement de batteries bannies ailleurs. Aux Pays-Bas (deuxième producteur mondial de peaux de visons): récemment, le parlement a voté l'interdiction (avec un délai transitoire) des élevages de visons et de chinchillas, alors que ceux de renards sont interdits depuis 2002. En Italie: le dernier élevage de renards a fermé en 1997. Pour les visons, les dispositions sévères requises à partir de 2006, rendront celui-ci sans intérêt économique. En Suède: l'élevage intensif de renards est interdit; une loi proscrivant également l'élevage de visons est attendue prochainement. En Norvège (quatrième producteur mondial de peaux de renards): une cour de justice a reconnu, que l'élevage intensif d'animaux à fourrure représente une grave violation de la Loi sur la Protection des Animaux de ce pays. Au Danemark (premier producteur mondial de peaux de vison): le Conseil Ethique pour les Animaux domestiques du Ministère de l'Agriculture a stipulé que la détention intensive d'animaux à fourrure est éthiquement inacceptable. Dans toute l'UE: les pièges à mâchoires et autres instruments de torture sont interdits depuis 1996. En Suisse: aussi bien le piégeage que l'élevage intensif d'animaux à fourrure sont interdits depuis plusieurs décennies. Par contre, nous importons les dépouilles de ces animaux martyrisés ailleurs.
Il n'existe pas, il ne peut pas exister, de forme de détention d'animaux à fourrure à la fois réalisable du point de vue économique et respectueuse des besoins des animaux.
L'industrie de la fourrure continue à nier tous ces faits. Afin de perpétrer son sanglant business, elle n'hésite pas à proférer des affirmations mensongères et trompeuses.
Ce qu'il faut savoir avant de se laisser leurrer par les fourreurs:
La production moderne de fourrure n’a rien de naturel. Oser parler de nature au sujet de ces malheureux animaux entassés dans des cages minuscules est outrageusement cynique. De plus, si l'on tient compte de la quantité d'énergie nécessaire à l'exploitation des élevages, de la pollution que ceux-ci, de même que le processus de tannage, provoquent, les valeurs dépassent nettement les taux engendrés par la fabrication ou le traitement d'autres matériaux employés dans le domaine de l'habillement.
Les peaux des quelque 40'000 renard roux (Vulpes vulpes) tués en Suisse chaque année ne sont pas détruites à cause des campagnes des protecteurs des animaux, mais bien parce que la clientèle des fourreurs réclame principalement du vison (qui représente environ 5/6 des animaux d'élevage). Et si de renards il est question dans le domaine de la mode, c'est d'une tout autre espèce, de renards polaires - ou bleus (Alopex lagopus) qu'il s'agit.
Les autochtones du grand Nord sont exploités comme «supports» à des fins publicitaires dans le cadre de stratégies de marketing soigneusement orchestrées par de grandes firmes de publicité. En réalité, eux ne portent pas de vison (!) et piègent moins d'un demi pour-cent des animaux trappés pour leur fourrure en Amérique du Nord. L'association canadienne «Native Animal Brotherhood» (Fraternité Autochtones-Animaux) se défend bien d'être des bourreaux d'innocentes créatures.
Les photos prises par les protecteurs des animaux ne sont ni vieilles, ni toujours les mêmes, comme le leur reprochent les fourreurs. Si effectivement elles se ressemblent toutes, c'est parce que sur le terrain, les interminables rangées de cages ont toujours le même aspect et les animaux y vivent toujours le même supplice. D'ailleurs les fourreurs ont-ils eux-mêmes jamais fourni d'autres photos (si ce n'est de quelque exploitation-alibi) et en auraient-ils indiqué la provenance?
N'achetez pas de fourrure, ni même d'accessoires ou de vêtements bordés de fourrure; 90% des renards polaires élevés industriellement finissent ainsi comme bordure sur quelque capuchon, col ou manchette.
http://www.acusa.ch/an2002/fourrure.htm
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