AN2002

Conforme à la législation?
Notre législation en faveur des animaux est constamment violée

La vie conforme à l'espèce sur les prés des alpages pour des «élues» chanceuses:

La triste vie de détenues à perpétuité sur les caillebotis pour d'autres (ici à Franex):

L'article 2, al. 1 de la Loi fédérale sur la protection des animaux (LPA) précise que «Les animaux doivent être traités de la manière qui tient le mieux compte de leurs besoins». Cet article figure dans la Loi du 9 mars 1978, et est entrée en vigueur en 1981 après avoir été adoptée par une grande majorité (81% de oui) du peuple suisse lors de la votation du 3 décembre 1978.

L'article premier, al. 1 de l'Ordonnance sur la protection des animaux (OPA) du 27 mai 1981 stipule que «Les animaux doivent être détenus de telle façon que leurs fonctions corporelles et leur comportement ne soient pas gênés et que leur faculté d'adaptation ne soit pas mise à l'épreuve de manière excessive».

Quelles conséquences ces articles des LPA et OPA ont-ils dans la vie d'une vache, d'un porc, d'une poule?

Vers l'âge de 2 ans et demi environ, une génisse accouche de son premier veau. Appartenant aux races des vaches laitières, elle ne l'allaitera cependant point elle-même; dès la mise bas, son petit lui est retiré. Pourtant, la vache n'est-elle pas, depuis la nuit des temps, le symbole même de l'animal maternant? En la privant de son enfant, on méprise l'entité de cet animal. Elle - maintenant on l'appelle vache - accouchera d'un veau chaque année, condition requise pour fournir du lait initialement destiné à son petit qui lui, sera en grande partie nourri avec du lait en poudre industriel.

L'OPA prescrit que les bovins tenus à l'attache ont droit par année à 90 sorties en plein air - dont 30 pendant les mois d'hiver -; la durée de ces sorties est laissée à l'appréciation du propriétaire. Pendant le reste de l'année, la vache peut bien passer attachée dans l'étable - souvent sous la contrainte d'un «dresse-vache» (joug électrique fixé au-dessus du garrot) -; ainsi elle ne courbera pas son dos comme elle le ferait naturellement en déféquant… les bouses ne saliront ainsi pas sa couche. Elle sera de même empêchée de se lécher ou de «faire la toilette» à ses voisines d'étable. Et que devient le petit veau orphelin? S'il est de sexe féminin et descendant de parents «valables», elle marchera sur les pas de sa mère. Elle sera donc gardée «à la maison»; si elle a de la chance, elle passera sa tendre enfance en compagnie d'autres veaux dans de spacieux boxes sur une litière de paille, et jouira de sorties en plein air. Sinon, elle séjournera seule dans un igloo en matière plastique avec une toute petite «terrasse» annexée; ou alors elle sera attachée avec une corde - souvent extrêmement courte - au fond de l'étable, toute seule ou en compagnie d'une ou de plusieurs compagnes d'infortune, bien que la législation le proscrive.

Si le petit veau est un mâle, il sera destiné à l'engraissement - très peu de taurillons deviennent taureaux -, donc vendu à un engraisseur, et il sera abattu à l'âge de 13 à 17 mois environ. Il aura passé toute sa vie à l'intérieur, peut-être bien aura-t-il pu faire quelques pas dans le promenoir bétonné devant son compartiment. Rares sont les taurillons qui ont la chance de pouvoir sortir dans les prés.

Une telle détention satisfait-elle à la législation?

Un porc fouissant la terre, se rafraîchissant le corps en se vautrant dans la boue (la peau du porc est dépourvue de glandes sudoripares); des porcelets jouant à «attrape-moi»? - sauf lors de manifestations «roulons-les-citoyens-ignorants» au Comptoir suisse à Lausanne où les exposants se gardent bien de montrer les animaux dans leurs conditions de détention lamentables habituelles, c'est-à-dire des truies attachées dans des stalles, mettant bas dans leurs excréments, de petits porcelets sevrés le plus tôt possible se serrant les uns contre les autres dans des boxes au sol de caillebotis, les porcs à l'engraissement dans de vieilles bâtisses à moitié pourries et contraints à siroter l'éternelle même soupe, et ceci est aussi en contradiction de l'art. 2, al. 2 de l'OPA qui stipule: «La forme et la composition de la nourriture doivent être telles qu'elles permettant aux animaux de satisfaire le besoin d'occupation propre à leur espèce, qui est lié à la prise de nourriture».

Bonheur en liberté pour ces poules (dans le jardin du président de l’ACUSA)

et quel malheur pour ces animaux dans un élevage industriel. Enfermées dans des bâtiments sans fenêtres, les poules de race «viande» sont poussées à grossir le plus vite possible dans un minimum de temps possible (35 jours). Que leur faible ossature arrive à peine à porter le poids du corps, n'a pas d'importance pour l'exploitant; les consommateurs ne se rendront pas compte des souffrances endurées par les animaux dont ils achètent, dans une grande surface, la chair aseptisée et emballée:

Un coq fait occasionnellement la «une» des journaux quand il se fait remarquer dans un village en chantant aux heures où les habitants des villas environnantes ne désirent pas être importunés par les nuisances sonores de ce type; ils préfèrent nettement qu'on cache les sites de production avicoles hors de leur vue - dans d'anonymes halles d'engraissement hermétiquement fermées, aux fenêtres aveugles. Dans une telle halle, aucun coq ne vit assez longtemps pour pouvoir chanter - ils y sont cantonnés avec des milliers d'autres compagnons d'infortune des deux sexes, uniquement le temps d'atteindre le poids d'abattage, soit env. 35 jours. Dans les élevages des pondeuses soi-disant «au sol», il n'y a pas de place pour des gloutons improductifs; les animaux n'ont qu'à picorer leur farine et produire des oeufs tous les jours jusqu'à l'exténuation, sans pouvoir satisfaire au moindre besoin lié à leur espèce, ni socialement - les poules vivent habituellement en groupes d'environ 50 animaux dans une structure hiérarchique bien établie autour d'un coq, leur maître et seigneur auquel elles témoignent obéissance et respect -, ni dans des conditions pratiques leur permettant de prendre des bains de sable et de soleil, et de gratter la terre à la recherche d'insectes et de vers; elles pourraient même insister sur leur droit de vivre à la lumière du jour qui fait souvent défaut! Conforme tout cela?

Devant tant de laxisme, devant tant de misère criante, que conclure d'autre que de ne plus manger la chair et les oeufs des animaux abusés?


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