AN2002

La misère animale dans le Canton du Valais

Selon l'Autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP), «le téléjournal» démentit à tort les constatations de l'ACUSA en diffusant une émission manipulée et tendancieuse.

L'Association contre les usines d'animaux ACUSA publia en été 2001 dans sa page web www.acusa.ch un rapport concernant la situation intolérable en matière de détention d'animaux domestiques en Valais. Ce rapport fut transmis aux médias. En haut Valais germanophone, le «Walliser Bote» saisit cette occasion pour publier un reportage assez ample qui confirma en substance les constatations révélées par l'ACUSA. Les médias romands, en particulier la TSR, ne montrèrent aucun intérêt. Début décembre 2001, ce rapport parut aussi dans les journaux de l'Association, soit en allemand dans les VgT-Nachrichten et en français dans les ACUSA-News. Le 17.12.2001, la TSR présenta dans l'édition principale du téléjournal un reportage très tardif. Partant du reportage des ACUSA-News et montrant sa page de titre, le téléjournal donna l'occasion aux responsables de trois usines d'animaux critiquées de réfuter largement les faits, mais bien entendu sans montrer celles-ci.

L'ACUSA porta plainte contre cette émission du téléjournal auprès de l'Autorité indépendante d'examen de plaintes en matière de radio-télévision AIEP. L'AIEP approuva la plainte et constata, «que la version des faits présentée par le reportage est unilatérale. En omettant, en particulier, de mentionner les adaptations que l'un des exploitants a dû apporter à la suite des griefs diffusés sur Internet par l'ACUSA avant même la publication du tous ménages, le reportage a fait preuve de partialité. Le ton donné à l'émission par certaines expressions du commentateur - des 'attaques', une école 'épinglée', des 'pamphlétaires' -, renforce encore l'impression générale qu'elle dégage, à savoir que les reproches de l'ACUSA étaient sans le moindre fondement dans la réalité. On peut certes comprendre qu'au vu de la virulence des propos de l'ACUSA et de l'écho qu'ils avaient rencontrés dans la population, l'émission ait pu être tentée de rééquilibrer les points de vue en donnant largement la parole aux exploitants mis en cause. Cependant, l'absence de distance critique vis-à-vis de ceux-ci, ajoutée au fait qu'aucune question ne leur ait été posée relativement aux constats, nuancés, du Walliser Bote, que le correspondant valaisan de la TSR ne pouvait ni ne devait ignorer, constituent un manquement au droit des programmes. Le public n'a pas été en mesure de se forger correctement sa propre opinion.
Si l'on reprend les trois exploitations concernées par le reportage, il apparaît que les faits ont été orientés vers les arguments des exploitants, auxquels on a parfois donné longuement la parole, sans que ce soit sur des aspects critiqués par le plaignant»
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Exploitation avicole de Monsieur Ernest Zumofen à Steg près de Turtmann

Exploitation avicole avec 9'000 poules de Monsieur Ernest Zumofen.

Nous avions dit dans les ACUSA-News: «l'espace de sortie couvert est inaccessible aux poules». Manifestement, nous n'avions pas nié l'existence d'une sortie couverte, mais nous avions constaté que les poules n'y avaient pas accès. Cette constatation fut arbitrairement déformée de la manière suivante par le commentateur : «on peut dire que les poules n'ont pas accès à l'extérieur, et pourtant, une surface abritée avec accès direct aux champs voisins existe bel et bien». Ainsi, le commentateur, qui devrait être impartial, donna la fausse impression que les poules auraient accès à la surface abritée et même aux champs voisins. Cependant - et le commentateur s'en aperçut sans doute - aucune poule n'était dans la sortie abritée même lors de la visite de la Télévision; c'est dire qu'elles n'y avaient pas accès, comme nous l'avions relevé. On le voit clairement en re-déroulant la vidéo, car la séquence ne dure que quelques secondes et le spectateur n'a pas le temps de reconnaître la réalité. Autre fait qu'il ne peut reconnaître à cause de la vitesse du déroulement: les poules ne sont jamais dans les champs voisins, comme le commentateur le suggère à tort. Les champs ne sont pas clôturés et ont voit bien que les poules n'y ont jamais gratté le sol. Tous ces détails n'ont pas dû échapper non plus à ces messieurs du téléjournal. Ce commentaire fut donc diffusé de mauvaise foi. Cette première partie de l'émission - comme d'ailleurs toutes les suivantes - fut conçue de façon à suggérer à l'ACUSA le reproche que sa critique était infondée. Mais les responsables des exploitations en question ne purent avancer aucune preuve.
Le commentateur prétendit même que les poules seraient gardées volontairement à l'intérieur du bâtiment pendant les trois mois de l'hiver. Or, le but de la surface abritée est précisément de permettre la sortie par mauvais temps, sinon dans les champs, tout au moins sur la surface abritée. C'est la raison pour laquelle une telle surface porte, en allemand, le nom de «Schlechtwetterauslauf» (aire de sortie par mauvais temps). Selon les prescriptions fédérales, la sortie ne peut être restreinte qu'en cas de vent très fort, de neige ou de température très basse, mais pas durant les trois mois d'hiver.

 

Home valaisan St Joseph

Avant la parution des ACUSA-News 2001 dénonçant les conditions de détention cruelles, les veaux étaient tenus dans ces boxes:

Dans le reportage présenté au téléjournal, l'existence de ces boxes - dont le vétérinaire cantonal avait constaté qu'ils étaient trop étroits par rapport aux prescriptions de la loi - fut niée.

L'émission montra des veaux tenus en groupe. Ce ne sont pas ces veaux-là qui avaient fait l'objet d'une critique de la part de l'ACUSA, mais ceux enfermés dans d'étroits boxes qui s'y trouvent également et qui n'ont pas été montrés au téléjournal! Les spectateurs n'ont ainsi pas pu constater l'objet de la critique de l'ACUSA. Montrer ce qui n'a pas été critiqué et dissimuler ce qui l'a été, n'est guère objectif, mais propice à discréditer les critiques de l'ACUSA.

Pourtant, l'Office vétérinaire valaisan a dû constater que les boxes en question n'atteignent même pas la largeur minimale prescrite par l'Ordonnance! De même, la porcherie critiquée de l’home St Joseph n'a pas été montrée non plus!

Suite au rapport paru dans les ACUSA-News, ces boxes furent agrandis. Voici comment ils se présentent après leur assainissement:

 

Porcherie critiquée du home St. Joseph. Ce cruel élevage intensif critiqué par l'ACUSA n'a tout simplement pas été mentionné au téléjournal et existe malheureusement encore aujourd'hui:

 

Ecole d'agriculture de Châteauneuf

Ecole d'agriculture de Châteauneuf (en été 2001):

En haut: Poules pondeuses. Les perchoir, prescrits par la loi, manquent en grande partie, de sorte que les poules sont obligées de dormir sur le sol grillagé, ce qui est contraire à l'habitude de leur espèce.

En bas: Halle d'engraissement des poules - non conforme à la loi, c'est-à-dire sans lumière du jour. La seule fenêtre de cette halle donne sur l'entrée avec un vestiaire. La halle elle-même ne dispose d'aucune fenêtre.
L'épais tissu de fonctionnaires corrompus de l'Office vétérinaire, des juges d'instruction et de la télévision, ont réfuté ces abus et ont blanchi l'école d'agriculture, comme si l'ACUSA exerçait une critique sans retenue.

Selon les dires du commentateur du téléjournal, les poules seraient ici dehors, contrairement à la critique de l'ACUSA. Mais il ne dit pas que ce n'est le cas que depuis la publication de nos critiques; les conditions d'avant étant passées sous silence. Les collaborateurs du téléjournal auraient pourtant dû s'apercevoir que les poules séjournant à l'extérieur sont brunes, alors que celles montrées par l'ACUSA sont blanches, ce qui veut dire qu'il ne s'agissait pas des mêmes poules. Plusieurs témoins peuvent confirmer qu'en été 2001 les poules ne sortaient jamais dans la cour malgré un temps splendide. Lors de plusieurs contrôles, la halle était fermée, les poules y étaient enfermées, la cour était vide, l'herbe était assez haute et ne montrait aucune trace de grattage.

Pas un mot n'a été dit au sujet de la constatation citée dans les ACUSA-News, à savoir que la halle des poules pondeuses ne satisfait pas aux prescriptions légales: il n'y avait pas assez de perchoirs de sorte que maintes poules doivent dormir sur les grilles, ce qui est contraire à leur manière de faire naturelle. C'est manifestement pour cacher ces anomalies qu'aucune image de cette halle ne fut montrée à l'émission en question.

Les ACUSA-News 2001 montrèrent la halle des poules d'engraissement de l'école d'agriculture de Châteauneuf bondée de poules étroitement serrées les unes contre les autres. Au téléjournal on ne montra que la halle vide, et on dissimula ce qui constitue une violation de la loi : l'absence de fenêtres dans la zone réservée aux animaux.

A la fin de l'émission, le modérateur dit: «Nous aurions souhaité rencontrer l'auteur de l'article pour lui demander des précisions sur sa motivation et obtenir des renseignements sur la différence qui existe entre ces photos» - en exhibant à nouveau la page de titre des ACUSA-News sur laquelle figurent les poules sans plumes de l'exploitation à Turtmann que son propriétaire ne contesta pas; comme rapportait le Walliser Bote; c'est sans doute pour cette raison que le modérateur ne l'interrogea pas à ce propos! - «et la réalité de nos images. Mais, depuis cinq jours, il figure aux abonnés absents». Cette allégation est fausse et destinée à laisser se dérober les responsables de cette émission unilatérale, tendancieuse et en partie erronée par rapport aux griefs de l'ACUSA. Car nous n'avions aucune raison de nous cacher, comme le montre bien notre riposte. Qui plus est, des contacts téléphoniques et par email ont eu lieu entre nous et les rédacteurs de cette émission. L'un des responsables de celle-ci contacta effectivement le Dr Erwin Kessler, président de l’ ACUSA, qui demanda de bien vouloir poser les questions par écrit. Il reçut par email seulement la demande de l'adresse de l’exploitation avicole critiquée, adresse qui lui fut fournie immédiatement. Par la suite, ni le président de l’ACUSA, ni la responsable pour la Suisse romand, ne furent interpellés alors que l'on peut les joindre tous les jours par email, fax ou téléphone. C'est dire que le caractère tendancieux de l'émission était prémédité.

De toute façon, les rédacteurs du téléjournal auraient dû remarquer diverses incongruités, notamment:

Exploitation avicole de M. Ernest Zumofen: Aucune poule ne se trouvait sur la surface abritée ; donc, il n'existe aucun argument à l'encontre du rapport de l'ACUSA.

Home St. Joseph: C'est à dessein que les petits veaux tenus dans d'étroits caissons ne furent pas montrés; on ne montra que des vaches et veaux tenus en groupe que personne n'avait critiqués. La porcherie critiquée dans les ACUSA-News ne fut pas montrée non plus.

Châteauneuf: Personne ne demanda depuis quand les poules au plumage brun sont en plein air et où se trouvent les poules blanches que l'ACUSA avait signalées. La scandaleuse halle des poules pondeuses où celles-ci sont tenues sur des grillages - comme le montrent les ACUSA-News - resta cachée. La halle d'engraissement fut présentée vide, mais les photos de l'ACUSA montrent l'insuffisance des installations dans la partie où sont tenus les animaux (pas de fenêtres) et un entassement démesuré.

Malgré tout cela, le commentateur du téléjournal eut l'effronterie de prétendre à la fin de son commentaire et de façon calomnieuse, que le rapport de l'ACUSA ne correspond pas à la réalité! L'émission fut présentée de façon à faire croire que les révélations des ACUSA-News manquaient de tout fondement. L'émission fut mise à 100 pourcent à la disposition des responsables des faits critiqués afin qu'ils puissent les nier sans gêne et à l'abri de tout contredit.
Pendant les nombreuses années que l'ACUSA dénonce continuellement les pires conditions de détention d'animaux en Suisse romande (voyez www.acusa.ch), la TSR ne s'en est jamais préoccupée. Le but de cette première émission était manifestement de démentir les assertions de l'ACUSA.

 

Autres élevages valaisans inappropriés découverts en été 2002

 

Avicole Salzmann à Naters

Des poules «heureuses» de la Migros dans l'usine avicole Salzmann à Naters. 23'000 poules à moitié glabres doivent y passer toute leur pitoyable existence. Commentaires de la Migros: “absolument conforme aux exigences de la protection des animaux; exploitation bien dirigée”.

 

Exploitation de porcs à Viège-Grosseye

Cruelle - cependant autorisée par le Conseil fédéral - détention sur caillebotis. La législation sur la protection des animaux (art. 20 de l'OPA) exige la mise à disposition de paille ou d'autres matériaux appropriés pour l'occupation des porcs, seule et unique concession accordée à ces animaux afin d'atténuer un tout petit peu leur vie de misère. L'article en question est ici, comme ailleurs dans la plupart des exploitations, violé. La porcherie-ci est pourvue de râteliers de paille...vides:

Un cochon malade déposé dans le couloir - pour y crever!

 

Duperie des consommateurs à la manière de la Coop!

Dans sa propagande pour sa viande «natura-plan», la Coop se plaît à vanter la détention plus que correcte des animaux, par exemple «des cochons heureux dans la paille». Hélas, la réalité est tout autre aussi dans cette exploitation. A la place d'un douillet nid - un sol de béton dur ! Abus des animaux et duperie des consommateurs. Ainsi recommandons-nous donc une fois de plus : Mangez végétarien - pour votre santé et par respect des animaux.

 

Agriculteur Ulrich Soltermann, Raron: Elevage sur caillebotis

La législation permet l'élevage des génisses et taurillons sur des caillebotis, bien que de vivre sur ce genre de sol soit douloureux pour les animaux; pour les veaux par contre, cette méthode de détention n'est pas légale. A l'évidence, les autorités valaisannes compétentes en la matière, se moquent royalement de quelle manière les paysans traitent les animaux. Pourvue que nous, stupides contribuables, continuons de les payer grassement pour ne rien faire.


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