2001-10-25
Réponse à "A propos d'abattage rituel" de M. C. Nordmann dans "La
Liberté"
"La lutte contre l'abattage rituel est le débat de la culture
contre la barbarie."
W. Fackenheim, Interné du camp de concentration de Theresienstadt
Cet article ne doit pas restér sans réponse pour plusieurs raisons:
1. L'abattage rituel - égorgement des animaux sans étourdissement préalable - est
interdit en Suisse depuis 1893
déjà. Cette mise à mort devrait, selon une récente décision du Conseil fédéral,
être à nouveau autorisée.
Pourtant, au sein de notre pays ne vit qu'un petit pourcentage de personnes appartenant à
des communautés
qui réclament de la viande d'animaux abattus selon - comme elles prétendent - des
règles divines. Il est
absolument inadmissible de modifier une législation adoptée par le souverain pour
satisfaire une minorité
fondamentaliste - et fut elle épaulée par de nombreuses personnes qui croient être
"politiquement correctes" en
soutenant une demande pareille.
2. Accuser les opposants à cette boucherie d'antisémitisme est rien d'autre qu'une
tentative d'intimidation et une
maneuvre de diversion. En fait, aucun indice d'une existence d'un quelconque commandement
religieux concernant l'abattage des animaux sans étourdissement ne peut être fourni,
même le Rabbin Levinger, favorable à l'abolition de l'interdiction de
l'abattage rituel admets dans son livre "Shechita in the light of the year
2000","qu' il ne se trouve ni dans la
Bible, ni dans le Talmud une telle commande."
3. En ce qui concerne les méthodes de mise à mort "industrielle" dans les
abattoirs de notre pays: comme dans
d'autres pays différentes méthodes d'abattage sont developpées et testées par des
spécialistes en la matière
dans le dessin d'épargner aux animaux à tuer autant que possible toute angoisse et
douleur; aussi on insiste sur
le fait que les mammifères doivent être étourdis en position debout. Les animaux à
égorger sont "mis" par terre
soit mécaniquement - "casting-pen" de Weinberg, table rotative - ou, les jambes
attachées, ils sont jetés par terre à la force des bras des bouchers. Qu'on s'imagine
la peur, la panique des animaux exposés à ces brutales manipulations! Imméditament
après - et souvent même avant - que la gorge leur est tranchée, les animaux sont
suspendus par leurs jambes postérieures pour ainsi se vider dans d'atroces douleurs de
leur sang.- En Deutéronome 12, verset 24, est noté: "tu n'en mangeras pas: tu le
verseras sur la
terre comme de l'eau". Sur quelle terre le sang des animaux égorgés dans les
grandes abattoires en ville est-il jeté?
4. Ayant moi-même arrêté - et depuis des décennies -" à manger des steaks,
filets et autres gigots", et que je
me revolte "contre le meurtre organisé et massif dans nos abattoires" aussi
profondemént, que je m'insurge
contre l'élevage industriel, contre les transports des animaux à travers les continents
- des millions d'animaux
sont charries autour du monde vers les pays du Proche-, Moyen- et Extrême Orient pour y
être charcutés
selon cés methodes abominables - ai-je donc droit de condamner l'abattage rituel et
demander avec insistance
non seulement que l'interdiction soit maintenue dans notre pays mais que cette méthode de
mise à mort
archaïque soit abolie partout par le monde où elle se pratique encore, sans me faire
accuser de "tenir des
propos racistes et antisemites"?
Susanne Wachtl, ACUSA
http://www.acusa.ch/news/011025.htm
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